Les milieux financiers se préparent à des crises sociales de grande ampleur en Europe

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Le secteur financier comme les institutions internationales se préparent à une recrudescence sans précédent des troubles sociaux aux quatre coins du monde. La flambée des prix de l’énergie et des denrées alimentaires fait grimper le coût de la vie à des niveaux astronomiques.

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Les instituts internationaux craignent des crises sociales

Les actions des banques centrales américaines et européennes ont déjà eu des conséquences importantes sur l’économie mondiale. Après la distribution massive de dollars, la Fed et la BCE ont décidé d’inverser la spirale inflationniste en augmentant les taux d’intérêt.

Cette solution a déjà des conséquences directes sur les marchés financiers (largement en baisse) et qui pourrait provoquer une grande récession dans les prochains mois.

« Ce n’est pas du tout l’effet recherché mais c’est certainement une possibilité », a reconnu Jerome Powell, patron de la Fed.

Le Fond Monétaire International (FMI) a évoqué « une crise par-dessus une crise » en faisant référence aux impacts combinés de la pandémie de Covid-19 et de la guerre en Ukraine. Kristalina Georgieva, directrice générale du FMI a averti que la hausse de l’inflation constituait un « danger clair et présent » pour de nombreux pays.

« Si aucune mesure n’est prise pour renforcer la sécurité alimentaire, « l’alternative est terrible : plus de faim, plus de pauvreté et plus de troubles sociaux – en particulier pour les pays qui ont lutté pour échapper à la fragilité et aux conflits pendant de nombreuses années. »

L’Organisation des Nations Unis a mis en garde contre le potentiel déstabilisant des chaînes d’approvisionnement perturbées et de la « flambée » des prix des denrées alimentaires, des carburants et des engrais, en particulier dans le contexte où la Russie et l’Ukraine représentent environ 30 % de l’approvisionnement mondial en blé.

« Tout cela frappe les plus pauvres le plus durement et sème les graines de l’instabilité politique et des troubles dans le monde entier », a déclaré le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, en mars 2022.

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Les crises sociales se multiplient dans le monde

La multiplication des crises (alimentaire, énergétique, financière, sanitaire, etc..) a fini par appauvrir les populations. Dans un monde de plus en plus fragile, les régimes font face à des crises politiques qui aboutissent à des manifestations réprimées par les forces de l’ordre.

Selon l’indice Global Peace Index de l’Institute for Economics and Peace, les manifestations, grèves et émeutes dans le monde ont augmenté de 244 % entre 2011 et 2019, et ont continué à augmenter en 2020 pendant la pandémie.

En 2021, des manifestations violentes et des émeutes ont eu lieu dans 158 pays, soit plus de 80 % du monde. Cette tendance à l’escalade des troubles sociaux s’inscrit dans un modèle de troubles sociaux « systémiques » où les peuples expriment simultanément leur mécontentement, leur colère et exigent des changements.

Le Sri Lanka, le Liban ou encore l’Argentine ne sont que les prémices d’un effondrement en cascade de nombreux pays en proie à des troubles économiques et sociaux. L’Egypte, la Tunisie, le Pakistan ou encore le Salvador pourraient également faire banqueroute dans les prochains mois.

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Les classes moyennes occidentales ne seront pas épargnées par la crise

Le média Byline Times a obtenu le témoignage anonyme d’un chef d’un «groupe d’institutions financières» – qui fournit une expertise et des services de conseil à d’autres banques, compagnies d’assurance et autres institutions financières – dans l’une des plus grandes sociétés d’investissement aux États-Unis. Pour lui, la situation pourrait devenir incontrôlable en Europe comme aux Etats-Unis.

« La pandémie a été suffisamment grave et a mis en évidence à quel point certains groupes de personnes allaient être les plus touchés, les pauvres, les minorités, etc. Mais la combinaison des chocs énergétique et alimentaire est un point de basculement qui poussera les sociétés occidentales à bout. Cela impactera tout le monde. Les classes moyennes aisées auront du mal à se procurer des aliments de base et à payer leurs factures. Nous anticipons donc des niveaux dangereux de troubles civils qui pourraient dégénérer en une crise sociale sans précédent. »

« Toutes les grandes banques savent que la crise du coût de la vie est hors de contrôle », a déclaré le principal conseiller financier.

« Il ne reste plus rien dans la boîte à outils du système financier existant. Nous n’avons plus d’options. Je ne peux que voir la situation empirer. »

Des propos alarmants confirmés par un rapport de l’assureur Allianz publié le mois dernier. Dans un communiqué de presse, le premier assureur européen et quatrième gestionnaire d’actifs au monde annonce une augmentation des manifestations et des troubles sociaux dus à la hausse du coût de la vie. Plutôt que de remettre en cause un système fragilisé par la course aux profits au détriment de la sécurité des populations, le rapport cible notamment les « fakenews » sur les réseaux sociaux et le manque de réglementation dans les démocraties.

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Le budget de police augmente encore

En France, le Ministre de l’Economie et des Finances a tiré la sonnette d’alarme quant aux dépenses publiques. La dette publique augmente de plus belle notamment à cause de la hausse des taux d’intérêt organisée par les Banques Centrales pour baisser l’inflation.

Mais ces « inquiétudes » du gouvernement français n’empêcheront pas une augmentation du budget du Ministère de l’Intérieur.

« Oui. Il y aura l’année prochaine, dans le projet de loi de finances pour 2023, une augmentation de 1,25 milliard d’euros pour le ministère de l’Intérieur, en plus du budget alloué aux outre-mer et aux collectivités locales », a indiqué Gérald Darmanin dans un interview au journal Le Monde.

L’augmentation du budget du Ministère de l’Intérieur rime avec une politique du « maintien de l’ordre » toujours plus décriée par les associations de défense des droits. Depuis l’arrivée au pouvoir de Emmanuel Macron, la matraque a remplacé le dialogue social provoquant les plus grandes crises sociales depuis des décennies. Les gilets jaunes et la grève contre la réforme des retraites ont paralysé une partie du pays pendant des mois.

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Crise sociale en Europe en pleine pénurie d’énergie

Les gouvernements européens craignent un hiver sans gaz après la diminution de l’approvisionnement en gaz russe. Les possibles pénuries d’énergie pourraient entrainer une crise politique majeure couplée à une crise sociale. Entre l’inflation, la hausse des prix des denrées alimentaires et celle de l’énergie sur fond de guerre en Ukraine, le vieux continent craint le pire.

Les factures d’électricité et de gaz qui ont déjà explosé (notamment en Allemagne)pourraient pousser des dizaines de millions de foyers européens dans la pauvreté. Idem pour les agriculteurs, les pêcheurs, les routiers ou encore les taxis qui se retrouveront dans les rues des grandes capitales européennes pour dénoncer un carburant trop cher à la pompe et des engrais chimiques hors de prix.

Depuis 20 ans, une partie de la classe moyenne européenne a dû faire face au déclassement. La mondialisation et la financiarisation de l’économie ont remis en question leur position dans la société. La crise énergétique pourrait bien accélérer ce mouvement et entrainer la précarisation générale et une augmentation des inégalités. La fameuse « classe moyenne occidentale garante de la démocratie » deviendrait alors un lointain souvenir.

Les gilets jaunes ont été la première démonstration de la grande souffrance de ce monde de la petite entreprise, du commerce, de l’agriculture et de l’entreprenariat. Mais ces troubles sociaux ne seraient qu’un avant-goût de ce qui pourrait être bien plus grave à travers l’Occident ces prochaines années.

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