Le DG de JPMorgan Chase prévient que “quelque chose de pire” qu’une récession pourrait se produire

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Le directeur général de la plus grande banque des Etats-Unis, Jamie Dimon, a déclaré à des clients que l’économie américaine pourrait faire face à “quelque chose de pire” qu’une récession. Des propos qui rejoignent d’autres acteurs importants de la finance.

1. Les prévisions économiques du directeur de la plus grande banque des Etats-Unis

Le directeur général de JPMorgan Chase a indiqué, lors d’une conférence téléphonique avec des clients, que même si l’économie américaine est encore solide, des “orages étaient à venir”.

Jamie Dimon a expliqué qu’il ne voyait que 10% de chances de voir le ralentissement économique ne pas se transformer en récession, tout en avertissant de manière inquiétante qu’il y a 20 à 30 % de chances que “quelque chose de bien pire” ne se produise.

De nombreux éléments tels que la hausse des taux directeurs des banques centrales, les chocs énergétiques, la guerre en Ukraine ou encore les tensions avec la Chine font craindre une récession légère, avec un risque de 20 à 30 % que ce scénario se réalise, et le même pourcentage d’avoir une récession plus dure.

Pour les pourcentages restants… “peut-être quelque chose de pire”, a-t-il ajouté.

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2. Colère et inflation après la pandémie de COVID-19

Le directeur de la plus grande banque des Etats-Unis insiste sur le fait qu’il est erroné de se fier à une prévision unique sur l’évolution de l’économie américaine, et indique qu’il y a de nombreuses raisons d’être pessimiste.

L’une des principales raisons, explique Jamie Dimon, est la baisse de confiance “à cause de l’inflation, des politiques partisanes et d’une grande partie de la colère laissée par le COVID-19”.

Au sujet de l’inflation, le Directeur Général de JPMorgan Chase est moins optimiste que la FED, qualifiant de “hautement improbable l’objectif de la ramener de 8 % à 4 % d’ici la fin de l’année.”

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3. Une récession potentielle alimente les débats aux Etats-Unis

Les acteurs financiers n’ont pas tous la même opinion quant au futur des marchés financiers mais la politique de hausse des taux directeurs par la Banque Fédéral Américaine pour faire baisser l’inflation fait craindre une crise économique.

David Salomon, directeur général de Goldman Sachs, l’autre grosse banque américaine, a également prévenu qu’une récession approchait et que l’inflation ne baisserait pas aussi vite que l’indique la FED.

De son côté, le directeur général de BlackRock, Larry Fink, a souhaité se montrer rassurant malgré les risques.

” Bien sûr qu’il y a un risque de récession. Et même si nous y entrons, elle sera assez légère”, a déclaré Fink dans l’émission Mad Money de Jim Cramer sur CNBC.

Mike Novogratz, PDG de Galaxy Investment Partners, qui se concentre sur les investissements dans la crypto-monnaie, a donné l’une des prédictions les plus pessimistes, déclarant à MarketWatch que les États-Unis se dirigeaient vers une “récession vraiment rapide”, concluant que “l’économie va s’effondrer”.

Le PDG de Meta, Mark Zuckerberg, est également persuadé que l’économie mondiale se dirige vers une crise économique majeure.

“Si je devais parier, je dirais que cela pourrait être l’un des pires ralentissements que nous ayons vus dans l’histoire récente”, a déclaré le patron de Meta à ses employés dans une conférence téléphonique.

Ray Dalio, patron du plus grand hedge fund du monde, Bridgewater, s’attend à une inflation autour des 5% pour les prochaines années et une nouvelle chute de Wall Street de 20 %. Le fond spéculatif a averti les investisseurs sur la perspective d’un effondrement massif du marché et une grave récession.

« L’inflation va rester nettement au-dessus de ce que les gens et la FED souhaitent, les taux d’intérêt vont augmenter et les marchés baisser », a écrit Ray Dalio sur LinkedIn.

Le PDG de FedEx, Raj Subramaniam, a déclaré jeudi à Jim Cramer sur CNBC qu’il pense qu’une récession est imminente pour l’économie mondiale.

“Je le pense. Mais vous savez, ces chiffres, ils ne sont pas de très bon augure”, a déclaré Subramaniam en réponse à la question de Cramer qui demandait si l’économie allait “entrer en récession mondiale”.

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4. L’Europe se prépare à l’effondrement économique

Si les américains s’interrogent sur une possible récession, en Europe, on se prépare à un effondrement de l’économie du continent.

1. La crise énergétique pèse sur l’économie européenne

L’Allemagne, première puissance économique de l’Union Européenne, vit déjà sous rationnement énergétique depuis la guerre en Ukraine. Les entreprises comme les foyers payent des factures d’énergie mirobolantes fragilisant le tissu social comme économique.

« Si la crise énergétique s’aggrave, une récession semble probable pour l’hiver prochain », avait ainsi estimé le chef de la Bundesbank.

La France devrait suivre son voisin dès 2023. Les petites entreprises (TPE/PME), qui produisent chaque année à peu près 1/3 du chiffre d’affaires total des entreprises françaises, sont déjà en difficulté pour payer les factures d’électricité. L'”électricité”, dont une très grande partie est produite nationalement grâce au nucléaire, s’échange selon les désidératas du marché européen de l’énergie. L’électricité est indexée sur les prix du gaz et les financiers anticipent déjà un déséquilibre offre-demande au cours de l’hiver. Les coûts de livraison pour début 2023 ont culminé à 1 100 euros le mégawattheure fin août pour la France, très loin des 50 euros en temps normal.

Autant dire que les grandes puissances économiques européennes ne pourront pas longtemps tenir face à la concurrence asiatique ou américaine, l’une achète au rabais chez les russes et l’autre est autosuffisante. Les prix des produits étant corrélés au prix de l’énergie, les prix s’envolent à l’export comme dans les supermarchés. Malgré les tentatives de la Banque Centrale Européenne, l’inflation continue de grimper, grapillant toujours un peu plus les budgets des ménages.

Au Royaume-Uni, les produits de première nécessité se retrouvent protéger par des antivols ou des boîtes en plexiglass suite à la montée des “vols pour manger”. Une situation inédite qui démontre la paupérisation des populations en Europe alors que l’inflation atteint des records partout.

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2. Les pénuries d’énergie coup fatal pour l’économie ?

Le coup fatal pourrait venir des pénuries de gaz et d’électricité qui risquent d’entrainer la fermeture de nombreuses usines. Face au manque d’énergie, les entreprises européennes ont déjà reçu l’ordre de baisser leur consommation énergétique.

Les gouvernement européens ont déjà fait savoir aux patrons que les premières victimes de la crise énergétique seraient les entreprises. Avant d’envisager toute coupure d’électricité ou de gaz pour les particuliers, les autorités seront forcées de stopper la production des usines notamment pendant les heures de pointe.

Certaines associations d’entreprises évoquent déjà la possibilité de faire travailler leurs employés la nuit pour éviter un chômage partiel voire même des faillites en cascade. L’hiver pourrait bien être long et terrible pour l’économie de nombreux pays qui verront le chômage exploser.

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Et contrairement à la période pandémique où les Etats s’étaient endettés sur les marchés pour éviter une crise sociale, emprunter aujourd’hui est bien plus compliqué à cause de la hausse des taux directeurs orchestrée par les banques centrales. Bruno Le Maire, ministre de l’économie et des finances, avait récemment déclaré que “le temps de l’argent gratuit était fini, nous sommes entrés dans une nouvelle ère”.

Cette nouvelle ère semble bien celle de la précarisation généralisée des populations. Les gouvernants n’ont plus que le mot sobriété à la bouche pour ne pas dire “cure d’austérité”. La vraie sobriété, celle proposée notamment par feu Pierre Rabhi n’a jamais été contrainte. Aujourd’hui cette sobriété ressemble davantage à une décroissance forcée voire.. un effondrement économique historique.

Est-ce que les populations européennes sont prêtes à un tel scénario ? Sont-elles même informées sur l’hiver dévastateur que nous pourrions vivre ? Surement pas, le Iphone 14 sorti ce jour est déjà en rupture de stock ! Un signe de plus que notre société de consommation continue de tourner à plein régime même si elle laisse chaque jour un peu plus de monde sur le trottoir..

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