Un courrier secret de l’administration Biden aux raffineurs exige la limitation des exportations de carburant

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Est-ce que les Etats-Unis jouent un mauvais tour aux européens ? C’est en tout cas ce que nous fait croire un courrier secret, qui a fuité, de la Secrétaire d’Etat à l’Énergie, Jennifer Granholm, envoyé à sept grands raffineurs du pays pour exiger la limitation les exportations de carburant.

Un courrier secret de l’administration Biden envoyé aux raffineurs américains

Un courrier de la Secrétaire d’Etat à l’Énergie, Jennifer Granholm, envoyé aux sept plus grands raffineurs américains a fuité ces derniers jours. Le Wall Street Journal a révélé son contenu pour le moins choquant à l’heure où l’Europe se prépare à vivre un hiver agité entre crise énergétique et mouvements sociaux.

L’administration Biden a exigé discrètement aux raffineurs une diminution des exportations afin de maintenir des stocks suffisants pour le marché intérieur. Jennifer Granholm a averti que les stocks d’essence sur la côte Est sont au plus bas depuis près de dix ans et que les stocks de diesel sont inférieurs de près de 50 % à la moyenne quinquennale dans la région. 

“Compte tenu du niveau historique des exportations américaines de produits raffinés, je vous exhorte à nouveau à vous concentrer à court terme sur la constitution de stocks aux États-Unis, plutôt que de vendre les stocks actuels et d’augmenter encore les exportations”, écrit-elle.

La fin du courrier est très clair, il ne s’agit pas d’une simple demande mais bien d’une obligation pour les raffineurs.

«Nous espérons que les entreprises répondront de manière proactive à ce besoin», ajoute-t-elle. “Si ce n’est pas le cas, l’administration devra envisager des exigences fédérales supplémentaires ou d’autres mesures d’urgence.” 

 

Le coup bas de l’administration Biden aux européens

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait assuré que le GNL américain “remplacera l’approvisionnement en GNL reçu actuellement par la Russie” jusqu’à atteindre 50 milliards de mètres cubes par an d’ici 2030. Joe Biden s’était lui même engagé à augmenter fortement les livraisons par bateau à l’Union européenne “pour soutenir les démocraties contre Poutine”.

Dans le même temps, Ursula von der Leyen et Joe Biden ont plaidé pour d’importantes sanctions économiques et même un arrêt des achats de gaz et un embargo sur le pétrole russe. Un harakiri pour de nombreux pays européens et notamment l’Allemagne, première puissance économique de l’UE, qui sont dépendantes en moyenne de 40% du gaz russe.

En exigeant une diminution de ses exportations de carburant, l’administration Biden met un coup de poignard à ses alliés européens qui tentent de diversifier leurs sources d’énergie. L’Allemagne, la France, la Belgique, l’Italie ou encore le Royaume-Uni se préparent à un hiver tendu où l’énergie sera rare et chère.

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L’électricité et le gaz déjà hors de prix en Europe

Les populations européennes souffrent déjà d’une augmentation importante du prix de l’énergie. Au Royaume-Uni, des manifestations éclatent pour dénoncer la facture d’électricité et les participants jurent qu’ils ne la payeront pas. Les dernières informations font état d’une augmentation de 80% du prix de l’électricité dès octobre ! Selon le service de comparaison de prix basé en Grande Bretagne l’Uswitch, le plafond devrait passer de 1 971 à 3 358 livres par an et par foyer.

De son côté l’Allemagne vit déjà sous le coup des rationnements pour s’assurer d’avoir le gaz nécessaire pour le chauffage des foyers en hiver. Le prix de l’électricité sur le marché de gros a atteint 850 euros le mégawattheure pour le contrat à un an, ce qui représente une hausse hebdomadaire de 40 %, souligne BFMTV.

En France, les citoyens sont pour l’instant protégés par le bouclier tarifaire mis en place par l’ancien gouvernement mais ce n’est pas le cas des commerçants et industriels. Ces derniers souffrent déjà des prix élevés dus à l’inflation, les pénuries et la spéculation sur les marchés européens de l’énergie. Le prix de l’électricité en gros en France ne cesse d’augmenter. Il a même dépassé les 1 000 euros par mégawattheures, soit une augmentation de plus de 1000% en un an.

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Pénuries de gaz, black out et crise sociale en France

En France, une grande partie du parc nucléaire qui produit l’électricité est à l’arrêt pour des raisons techniques. Les centrales hydroélectriques doivent faire avec une importante sécheresse estivale et à une baisse des niveaux des cours d’eau. Le marché du gros de l’électricité est adossé au prix du gaz ce qui explique l’augmentation soudaine du prix de l’électricité, le tout sur fond de spéculation.

La possibilité d’avoir une pénurie de gaz et des coupures d’électricité pendant l’hiver n’est pas écartée par le gouvernement. Elizabeth Borne, actuelle Première ministre, n’a pas été rassurante quant aux pénuries de gaz cet hiver.

“Face aux menaces de pénurie de gaz cet hiver, nous n’avons qu’une seule voie : la baisse de la consommation d’énergie. [..] Si chacun ne prend pas part, des coupures brutales pourraient avoir lieu du jour au lendemain avec de graves conséquences économiques et sociales”, a déclaré la cheffe du gouvernement lors d’un rassemblement du MEDEF.

Des pénuries de gaz seraient désastreuses pour les entreprises. Les employés pourraient être mis au chômage partiel voire même licenciés si les prix de l’énergie continuent à augmenter.

Dans le même temps, Emmanuel Macron évoque la “fin de l’abondance” et “des sacrifices” pour les populations. Le discours du Président français a fait le tour du monde mais c’est bien en France que la fronde sociale devrait avoir lieu. Les syndicats comme la CGT et les Gilets Jaunes ont déjà annoncé qu’ils refuseront cette nouvelle casse sociale.

Les milieux financiers se préparent à des crises sociales de grande ampleur en Europe et l’Hexagone ne sera pas épargné. Face à l’inflation, la crise énergétique et la guerre en Ukraine, le gouvernement Borne devra faire les bons choix sous peine d’alimenter une colère populaire inédite.

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