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Le parlement pro-Haftar demande aux militaires égyptiens d’intervenir en Libye


Le parlement libyen basé à l’est, non reconnu par l’ONU et qui soutient le général putschiste Khalifa Haftar, a donné à l’armée égyptienne la permission d’intervenir dans la guerre civile.

« Nous appelons à des efforts conjoints entre les deux pays frères – la Libye et l’Égypte – afin de vaincre l’occupant et de maintenir notre sécurité et notre stabilité communes dans notre pays et notre région », a déclaré hier un communiqué publié par la Chambre des représentants.

Le parlement pro-Haftar a ajouté que le parlement « se félicite des paroles du président égyptien, prononcées en présence de représentants des tribus libyennes ».

Le mois dernier, le président égyptien Abdel Fattah Al-Sisi a déclaré qu’il pourrait envoyer des troupes en Libye, avertissant le gouvernement d’accord national (GNA) reconnu par l’ONU et soutenu par la Turquie de ne pas franchir la ligne de front actuelle dans la ville côtière de Syrte. En réponse, le GNA a déclaré qu’il considérait les commentaires d’Al-Sissi comme une  » déclaration de guerre « . Le président égyptien a déclaré samedi que l’Égypte a le droit, sur la base de la Charte des Nations Unies, d’intervenir militairement en Libye. L’armée égyptienne a déjà effectué des exercices militaires près de la frontière libyenne appelés «Hasm 2020».

Syrte est considérée comme une passerelle stratégique vers les principaux terminaux d’exportation de pétrole de la Libye. Reuters rapporte que le pétrole est devenu le principal atout sur lequel on se bat, le Seigneur de Guerre Haftar ayant imposé un blocus sur la production et les exportations depuis janvier. Pourtant, en vertu d’accords internationaux, la National Oil Corp, basée à Tripoli, la capitale du GNA, a le droit exclusif de produire et d’exporter du pétrole.

Selon l’Institut de recherche sur la politique étrangère ( FRI ), les principaux défis de l’Égypte sont d’atteindre et d’opérer des forces militaires le long de la ligne rouge Jufra-Syrte, ce qui présente également un risque d’escalade avec la Turquie déjà présente aux côtés du gouvernement légitime. L’Egypte est un allié majeur des Emirats Arabes Unis. La pétromonarchie finance l’achat de drones chinois et les mercenaires russes et soudanais qui combattent au sein de milices dirigées par Haftar. L’intervention turque a poussé Abou Dhabi à demander d’avantages de moyens auprès de ses alliés français et égyptiens. Les déclarations du Président putschiste Al Sissi et la brouille entre Ankara et Paris interviennent alors que le GNA s’apprête à mener une offensive contre la ville stratégique de Syrte, porte ouest du croissant pétrolier.

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Selon les dernières informations d’observateurs et spécialistes du conflit libyen, les mercenaires russes de l’agence de sécurité privée Wagner, proche du Kremlin, auraient débuté un retrait de certaines positions militaires. Cette information pourrait indiquer un nouvel accord entre Ankara et Moscou et la reprise de l’offensive du GNA et de la Turquie contre l’est du territoire libyen tenu par le Khalifa Haftar et ses milices.

« Un retrait partiel imitant celui qui a précédé le retrait de Tripoli par Wagner se déroule maintenant autour de Syrte : des mercenaires russes ont déménagé de Jaref pour l’est de Syrte. Si un retrait se produit, une offensive du GNA soutenue par la Turquie s’ensuivra – et l’Égypte devra décider comment elle réagira ».

Les prochains jours pourraient voir se déclencher une nouvelle guerre dans la méditerranée entre deux des plus puissantes armées de la région. Un nouveau conflit dans un « grand Moyen Orient » déjà détruit par des décennies de guerres.

Écrit par La Rédaction Issues

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