L’Egypte menace d’envahir la Libye

Le leader égyptien, Abdelfattah Al Sissi, a menacé le gouvernement d’union national libyen (GNA), reconnu par l’ONU, d’entrer en guerre s’il reprenait la ville stratégique de Syrte au Seigneur de guerre Khalifa Haftar.

« Si certaines personnes pensent qu’elles peuvent franchir la ligne de front de Syrte-Jufra, c’est une ligne rouge pour nous », a-t-il déclaré devant un auditoire comprenant des chefs de tribus libyens.

Le GNA, soutenu par la Turquie, a mis en déroute les milices du maréchal Haftar, soutenues par les Emirats Arabes Unis, la Russie, la France et l’Egypte. En quelques mois, les troupes libyennes soutenues par les drones turcs ont mis fin au siège de Tripoli et ont repris les grandes villes de l’Ouest libyen.

Ces victoires rapides face au Maréchal Haftar ont poussé ses alliés à réagir. Les mercenaires de l’agence de sécurité Wagner, proche du Kremlin, ont obtenu des avions de chasse russes. La France a accusé la Turquie auprès de l’OTAN de faire des manœuvres agressives dans la Méditerranée et désormais le Caire promet d’intervenir militairement.

Al Sissi a déclaré que l’Égypte a le droit de se défendre après avoir reçu des «menaces directes» de «milices terroristes et mercenaires» soutenues par des pays étrangers, faisant apparemment référence à certains groupes armés fidèles au GNA et soutenus par la Turquie.

« Toute intervention directe de l’État égyptien a désormais acquis une légitimité internationale », a déclaré Sisi à un auditoire après avoir inspecté des unités militaires dans une base aérienne près de la frontière avec la Libye.

Les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite, financiers d’Al Sissi et d’Haftar, ont exprimé leur soutien au désir de l’Égypte de « protéger sa sécurité et ses frontières ». Abou Dhabi joue un rôle central dans la guerre en Libye puisqu’elle finance l’achat de drones chinois ainsi que l’armement et le salaire de milices soudanaises et russes.

De son côté, la Turquie, dont l’intervention en Libye a été réclamée par le Gouvernement d’Union National libyen, reconnu par l’ONU, n’a pas répondu aux propos d’Al Sissi. Ankara n’a jamais reconnu Al Sissi comme président légitime en Egypte suite à son putsch contre Mohammed Morsi.

Le GNA a condamné les propos d’Al-Sissi évoquant « une déclaration de guerre ».

“Les propos d’al-Sissi constituent une ingérence flagrante et une déclaration de guerre. Toutefois, les forces gouvernementales sont déterminées à poursuivre les opérations pour libérer toute la région de l’emprise des milices terroristes de Haftar et des mercenaires”, a déclaré le porte-parole de la Salle des opérations de Syrte-Jafra, Abdelhedi Dara.

Le GNA et des responsables politiques turcs ont exigé que les milices salafistes aux mains d’Haftar abandonnent Syrte avant tout cessez-le-feu. La ville est stratégique puisqu’elle est la porte d’entrée ouest du croissant pétrolier, situé au centre de la côte libyenne et qui regroupe les principaux terminaux pétroliers.

Les observateurs indiquent également que la sortie médiatique d’Al Sissi sur la Libye ne doit pas faire oublier son échec face à l’Ethiopie. Son voisin du Sud continue de construire d’importants barrages électriques qui auront une incidence directe sur le niveau du Nil et l’agriculture égyptienne.

La région s’embrase un peu plus et beaucoup d’experts attendent désormais la réaction de l’Algérie et de la Tunisie à la frontière Ouest de la Libye. Les deux pays, en proie également à une instabilité politique, pourraient s’opposer à une intervention égyptienne dans le conflit libyen.

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