Le traitement jugé « prometteur » par Karine Lacombe est-il plus efficace que la chloroquine ?

La Professeure Karine Lacombe s’est félicitée des premiers résultats de l’utilisation d’un traitement au Remdesivir proposée par le laboratoire pharmaceutique Gilead. Problème : une deuxième étude publiée par la prestigieuse revue Lancet tempère son efficacité.

Lors d’un entretien sur BFM TV avec Jean Jacques Bourdin, la médecin a jugé « prometteurs » des résultats d’une étude américaine sur l’utilisation du Remdesivir pour soigner les patients du Covid-19.

Ce soutien interroge alors que l’étude du laboratoire pharmaceutique a été remise en cause par la prestigieuse revue scientifique The Lancet. Karine Lacombe, qui s’est fait connaître dans les médias en critiquant violemment l’enthousiasme du Pr Didier Raoult sur l’hydroxychloroquine, est accusée d’être beaucoup moins critique quant aux résultats du laboratoire Gilead.

Étrangement, la Professeur Karine Lacombe reprend la même rhétorique que son homologue Didier Raoult qui indiquait également que le traitement à l’hydroxychloroquine doit être pris assez tôt pour avoir un effet plus concluant sur le patient.

De nombreux opposants au traitement à la chloroquine avaient critiqué les résultats montrant une létalité jugée proche de celle de la moyenne de la maladie (973 patients guéris sur 1061 lors de la dernière étude). Pourtant, les critiques ne sont pas les mêmes pour le Remdesivir qui est critiqué pour les mêmes raisons par l’étude The Lancet.

« L’essai américain ne dit pas non plus qu’en terme de mortalité c’est mieux, il dit juste que les patients qui ne meurent pas guérissent un peu plus vite », avoue Karine Lacombe, justifiant les divergences par un « critère de jugement » différent.

A titre de comparaison, le maire de Nice, Christian Estrosi, s’est rétabli du virus en seulement 6 jours après avoir suivi le traitement à l’hydroxychloroquine du Professeur Raoult. Une méthode pourtant critiquée par Karine Lacombe.

Les internautes ont dénoncé un « conflit d’intérêts » entre la Cheffe de service et ce nouveau traitement développé par le laboratoire américain. Le média Libération a d’ailleurs confirmé les liens entre Karine Lacombe et le laboratoire pharmaceutique Gilead.

« Sur Transparence Santé, Gilead affiche 17 000 euros de versement à Karine Lacombe, au titre de conventions et de rémunérations entre février 2017 et fin 2019, et 8 000 euros en avantages depuis 2013 », peut-on lire sur CheckNews.

De nombreux citoyens ont critiqué cet interview réalisé sans préciser les liens entre Karine Lacombe et le laboratoire Gilead.

Les Etats-Unis à fond derrière le remdesivir

Selon les médias américains, les participants à l’essai qui ont reçu du remdesivir ont été soignés en 11 jours (en moyenne) contre 15 pour les patients du groupe témoin, qui ont reçu un placebo.

L’Institut national des allergies et des maladies infectieuses aux Etats-Unis a comparé la bonne nouvelle de l’efficacité du remdesivir à la découverte du premier médicament pour aider à traiter le VIH il y a plus de trois décennies.

« Les données montrent que le remdesivir a un effet positif clair et significatif en réduisant le temps de récupération », a déclaré Anthony Fauci, responsable de la réponse au Covid-19 aux Etats-Unis.

Le virologue a tout de même indiqué qu’il fallait attendre l’essai clinique européen Discovery pour être sûr de l’efficacité du traitement proposé par Gilead.

Anthony Fauci a écarté une troisième étude chinoise publiée sur la revue The Lancet qui juge inefficace le traitement au remdesivir. L’expert américain a jugé que la taille de l’essai (237 personnes) et son interruption faute de malades ne permettaient pas de la prendre en compte.

L’étude chinoise en guise de douche froide…

L’étude publiée par la prestigieuse revue scientifique The Lancet et réalisée à Wuhan, épicentre historique du coronavirus, tempère l’efficacité du remdesivir.

L’étude a été menée dans dix hôpitaux en Chine sur 237 patients. Le taux de mortalité reste important, seule change la durée de récupération des patients qui ne meurent pas du virus.

Cependant, les auteurs de l’étude en Chine ont expliqué qu’elle avait été arrêtée prématurément par le conseil de surveillance de la sécurité des données en raison des difficultés de recrutement des patients après que l’épidémie Covid-19 à Wuhan a été maîtrisée.

« En résumé, nous avons constaté que ce schéma posologique de remdesivir par voie intraveineuse était bien toléré mais ne produisait pas d’effets cliniques ou antiviraux significatifs chez les patients gravement malades atteints de COVID-19 », peut-on lire dans The Lancet. 

Les spécialistes ont indiqué que des études poussées devaient permettre de savoir si le remdesivir était vraiment efficace.

« Les signaux prometteurs issus des données d’observation doivent être rigoureusement confirmés ou réfutés dans le cadre d’essais randomisés de haute qualité – en particulier parce que pour Covid-19, il n’existe encore aucun traitement sûr et efficace prouvé », a expliqué professeur John Norrie de l’Université d’Édimbourg .

De nombreux internautes se questionnent sur le deux poids deux mesures dans le traitement médiatique et même scientifique des résultats du traitement du Dr Didier Raoult et ceux du laboratoire Gilead. Contrairement aux annonces prometteuses, le traitement ne semble pas changer le taux de mortalité de la maladie mais accélère le rétablissement des patients qui n’en meurent pas.

Les scientifiques du monde entier continuent de chercher un traitement ou un vaccin contre le Covid-19. Une deuxième vague du coronavirus frappe déjà certains pays asiatiques et pourraient être beaucoup plus dévastatrice selon le virologue allemand Christian Drosten.

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