Un message de l’ambassade américaine met en avant les insuffisances d’un laboratoire chinois

laboratoire wuhan coronavirus

Alors que la Covid-19 compte près de 2,4 millions de contaminés à travers le monde, un laboratoire de virologie wuhanais attire toutes les attentions. La semaine dernière, le Washington Post a en effet diffusé une note alarmiste émise par l’ambassade américaine mettant en avant une sécurité plus que lacunaire.

D’où vient donc cette pandémie qui nous confinera jusqu’au 11 mai ? Pour apporter une réponse à cette épineuse question, les sirènes du complotisme ne sont jamais loin. Bien que fréquemment battue en brèche par les médias, la théorie voulant que le Sars-CoV-2 à l’origine de la Covid-19 se soit échappé d’un laboratoire chinois à la peau dure. La semaine dernière l’a même vigoureusement relancé. En effet, le Washington Post a publié le 14 avril dernier deux messages émanant de l’ambassade américaine en Chine datant de 2018. Ceux-ci placent l’Institut de virologie de Wuhan (IVW) au cœur de toute les suspicions. Le laboratoire de sécurité avait également mis en cause par deux universitaires chinois dans publication de février. Cette dernière n’a cependant jamais étayé son accusation et a finalement été retirée de la plateforme ResearchGate.

Une sécurité lacunaire

De janvier à mars 2018, un groupe de diplomates ont porté leur attention sur l’IVW. Le laboratoire travaille sur des souches virales d’origine animale. Nous pouvons d’ailleurs retrouver leurs publications dans la prestigieuse revue Nature. À l’issue de ces visites, l’ambassade américaine envoyé deux messages anxieux, classifiés comme sensibles par la Maison Blanche. Le premier datant de janvier expliquait par exemple que « lors de leurs échanges avec les scientifique du laboratoire de l’IVW, l’équipe américaine a constaté un grave manque de techniciens correctement formés et de surveillants pour travailler en toute sécurité dans ce laboratoire à haut niveau de confinement ». Le message a également demandé un soutien supplémentaire des Etats-Unis pour le laboratoire puisque celui-ci menait des expérimentations sur les coronavirus des chauve-souris potentiellement dangereuses. Remarquons qu’2015 l’IVW devint le premier établissement chinois à être classé BSL4 (Biosafety Level 4) Cet acronyme signifie que le laboratoire applique le plus haut niveau de sécurité au monde.

Notons enfin que le message développait ceci : « les chercheurs ont également montré que divers coronavirus de type SRAS peuvent interagir avec l’ACE2, le récepteur humain identifié pour le coronavirus du SRAS. Cette découverte suggère fortement que les coronavirus de type SRAS provenant de chauves-souris peuvent être transmis à l’homme pour provoquer des maladies similaires au SRAS. Au regard des impératifs de santé publique, cette information rend l’observation continue des coronavirus chez les chauves-souris et les études sur les relations animaux-humains, critiques pour prédire et empêcher les épidémies de coronavirus. »

Aujourd’hui, rien ne permet d’établir une responsabilité de l’IVW

Toutefois, ne nous laissons pas happer dans des conclusions trop hâtives. D’une part, ces failles de sécurité reportées par l’ambassade américaine ne témoignent pas d’une échappée du virus depuis l’IVW. Le 18 avril dernier, le média controversé Fox News a annoncé que le gouvernement américain menait une enquête pour établir la responsabilité de la pandémie de l’établissement. Les travaux de Shi Zeng-li, responsable du projet de recherche et publiant sur le coronavirus des chauve-souris sont passés au peigne fin. D’autre part, comme l’atteste la revue Nature « Il n’y a aucune preuve que le virus responsable de la Covid-19 ait été créé en laboratoire. Les scientifiques estiment qu’un animal est l’origine la plus probable du virus ». La théorie populaire voulant que la pandémie sorte directement des éprouvettes d’un savant wuhanais n’a, à ce jour, absolument aucun fondement. À l’inverse, nombre de scientifiques ont même salué les travaux de l’IVW pour identifier le virus, à l’instar de Samira Faffi-Kremer, cheffe du service de virologie de Strasbourg. Interrogée par France Info à la fin janvier, elle expliquait ainsi qu’ « Aujourd’hui, c’est grâce à ce laboratoire de Wuhan qu’on a toutes les données scientifiques sur le virus, notamment le code de son génome, qui permettent aux scientifiques du monde entier de travailler sur ce coronavirus. » Attendons donc les résultats de l’enquête américaine…

Gabriel Thibeau 
@ThibeauGabriel

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