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Tout comprendre sur le conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan


Le différend au sujet du Haut-Karabakh continue d’alimenter les rhétoriques guerrières entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Mais, les affrontements de ce week-end marquent une nouvelle étape dans le conflit entre les deux pays.

Sur quoi porte le différend?

Contrôle de la zone montagneuse du Haut-Karabakh. 

Le Haut-Kazabakh fait partie du territoire azéri mais est contrôlé par des séparatistes arméniens.  La zone est fortement militarisée et les indépendantistes sont soutenus militairement par l’Arménie, qui a également une alliance de sécurité avec la Russie. L’Azerbaïdjan a longtemps affirmé qu’elle reprendrait le territoire, qui est internationalement reconnu comme azerbaïdjanais. Le contrôle de la zone est devenu un point de fierté nationaliste – presque existentielle – dans les deux pays.

Pourquoi cette flambée se produit-elle maintenant?

On ne sait pas ce qui a déclenché cette dernière escalade.

 L’Azerbaïdjan a accusé l’Arménie d’avoir tué plusieurs civils lors d’une attaque militaire. L’Arménie de son côté déclare que les forces azerbaïdjanaises ont attaqué les premiers. 

Les tensions sont montées d’un cran en depuis juillet, lorsque plusieurs jours d’affrontements ont secoué la frontière entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Ces affrontements ont tué 11 soldats azerbaïdjanais et un civil, a déclaré l’Azerbaïdjan, et ont incité des dizaines de milliers de manifestants à descendre dans les rues de Bakou, exigeant la reprise de la région. 

Une guerre à grande échelle?

Le rythme normal de ce conflit prévoyait que la diplomatie se précipiterait et stopperait les combats après 48 heures. Mais cela ne s’est pas encore produit, et le contraire pourrait avoir lieu. L’Arménie a déclaré dimanche la loi martiale et a mobilisé toutes ses forces. L’Azerbaïdjan a suivi avec la loi martiale dimanche et une mobilisation partielle lundi. Bakou a longtemps déclaré qu’elle reprendrait la région et qu’elle avait des richesses pétrolières à dépenser pour ses forces armées afin d’atteindre ses objectifs. 

A l’image de la Turquie en Syrie et Libye, l’Azerbaïdjan a pris le dessus sur l’Arménie grâce aux drones armés achetés à la Turquie. De nombreuses images publiées sur les réseaux sociaux montrent les drones détruire des chars et véhicules antiaériens arméniens. Les troupes azéries ont progressé à l’intérieur de la zone autonome du Haut-Karabakh.

La Russie est pour l’instant bloquée par la Géorgie qui refuse à Moscou la traversée de son espace aérien. De leur côté, les avions de chasse achetés par l’Arménie aux russes sont restés cloués au sol car les pilotes n’ont pas encore reçu la formation nécessaire.

Pourquoi la Russie et la Turquie s’y attaquent-elles?

Encore une fois, la Turquie et la Russie se retrouvent opposées sur les lignes. Comme en Syrie et en Libye, leurs mandataires – mercenaires ou armées alliées – se battent pour le contrôle de certaines parties du Moyen-Orient, ou du Caucase, où une empreinte américaine plus légère a déséquilibré la délicate répartition du pouvoir. 

La Turquie a soutenu l’Azerbaïdjan dès les premières heures du conflit. Le président Recep Tayyip Erdogan a déclaré sur Twitter que l’Arménie a « une fois de plus prouvé qu’elle était la plus grande menace à la paix et à la sérénité dans la région. La nation turque continue de soutenir ses frères et sœurs azerbaïdjanais avec tous ses moyens, comme elle l’a toujours fait ».

De son côté, le président Vladimir Poutine a appelé le Premier ministre arménien Nikol Pashinyan et a indiqué qu' »il est important maintenant de faire tous les efforts nécessaires pour empêcher une escalade militaire, et surtout – arrêter les opérations militaires. »

Mais Moscou est un partisan de longue date de l’Arménie, dans le domaine des armes et de la diplomatie, et ne tolérera probablement pas que la Turquie impose sa volonté dans son ancienne zone d’influence soviétique. Poutine entretient également de bonnes relations avec le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev puisque Bakou achète régulièrement des armes russes.

Que dit le reste du monde?

L’OTAN a déclaré que « les deux parties devraient immédiatement cesser les hostilités », et a ajouté « qu’il n’y a pas de solution militaire à ce conflit ». L’UE a exigé « une cessation immédiate des hostilités, une désescalade et le strict respect du cessez-le-feu » qui avait été coordonné par le groupe de Minsk de l’OSCE.

Le désengagement américain des théâtres de guerre laisse un vide que Moscou et Ankara souhaitent combler. En Syrie, en Libye ou encore dans le Caucase, les deux pays s’affrontent par le biais de milices privées ou armées interposées. Les deux pays trouvent toujours des accords mais la multiplication des conflits pourrait bien déboucher sur une guerre de plus grande ampleur.

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Écrit par La Rédaction Issues

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