Le maréchal Haftar, soutenu par la France, s’autoproclame seul dirigeant de Libye

Le chef militaire Khalifa Haftar, basé dans l’est de la Libye, a déclaré que l’accord historique conclu en 2015 sous l’égide des Nations unies pour unifier le pays « appartenait au passé ».

« L’accord politique a détruit le pays. Nous allons travailler à créer les conditions pour construire des institutions permanentes, a-t-il déclaré dans un discours télévisé lundi.

Le Maréchal Haftar n’a pas précisé si un parlement élu dans l’Est du pays a soutenu sa décision, ni quel serait son rôle futur.

En avril 2019, Haftar a lancé une campagne militaire pour prendre le contrôle de la capitale, Tripoli, mais l’offensive a été largement bloquée par les forces loyales au gouvernement d’union national (GNA) reconnu par l’ONU.

Ces dernières semaines, les troupes GNA et leurs alliés ont réussi à repousser les troupes LNA de Khalifa Haftar dans plusieurs villes clés de l’Ouest libyen. Face à ces défaites stratégiques, les forces LNA ont décidé d’intensifier leurs bombardements sur la capitale Tripoli.

« Les attaques contre des personnels de santé, des hôpitaux ou des installations médicales, protégés par le droit humanitaire international peuvent constituer des crimes de guerre », a rappelé le Secrétaire général de l’ONU, M. Guterres, suite aux bombardements d’un hôpital à Tripoli début avril.

Les Etats-Unis ont déjà condamné ce que certains observateurs désignent comme un « putsch militaire » dans un contexte déjà très compliqué où le pays est coupé en deux avec un gouvernement reconnu par l’ONU à l’Ouest du pays et une assemblée élue à l’Est.

Les menaces de l’ONU et les échecs à répétition ont pu fragiliser Haftar dans son propre camp. En s’autoproclamant chef de la Libye, le « seigneur de guerre » pourrait se mettre à dos plusieurs de ses alliés occidentaux.

Jusqu’à présent, Khalifa Haftar est soutenu par les Émirats arabes unis, l’Égypte, la France et la Russie. Le gouvernement d’unité nationale reconnu par l’ONU est quant à lui soutenu militairement par la Turquie et diplomatiquement par le Royaume Uni et l’Italie.

De nombreux mercenaires russes, tchadiens et soudanais sont en première ligne dans les rangs d’Haftar tandis que Tripoli peut désormais compter sur la Turquie qui utilise des mercenaires syriens.

Si Paris n’a jamais officiellement reconnu sa participation à la guerre civile en Libye, plusieurs experts accusent les forces spéciales françaises de soutenir les forces rebelles. Emmanuel Macron a d’ailleurs invité le Maréchal Haftar à l’Elysée en guise de soutien officiel.

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