En Espagne, les régions dénoncent les chiffres officiels de décès du Covid-19 deux fois inférieurs à la réalité

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En Espagne, plusieurs journaux rapportent que les communautés autonomes (régions) ont calculé que le nombre réel de décès dûs au coronavirus serait deux fois supérieur aux chiffres officiels.

Les résultats d’une étude menée par le centre de recherche sur la santé du gouvernement montrent que les décès « en plus » dans la région de Castille-La Manche étaient deux fois plus nombreux que ceux attribués actuellement au Covid-19.

En Espagne, comme dans de nombreux pays, seuls les défunts testés positifs avant leur mort sont comptabilisés dans les chiffres officiels donnés chaque jour par le gouvernement. Mais la situation serait beaucoup plus grave selon plusieurs journaux qui rapportent des chiffres anormaux de la mortalité dans de nombreuses régions du pays.

Le nombre de licences d’inhumation délivrées par les registres de l’état civil de Castilla-La Mancha en mars 2020 augmente de 96,3% par rapport au même mois de l’année précédente . 3 319 permis d’enterrement ont été délivrés en mars dernier, contrairement au même mois de l’année précédente, qui était de 1 691.

Sur les 3 319 licences délivrées en mars, 1 921 sont répertoriées ayant comme cause de décès, Covid-19 ou suspectée de l’être. Ce chiffre est beaucoup plus élevé que le taux de mortalité officiel en Castilla-La Mancha en raison du coronavirus en mars: 708.

Certaines régions, comme celle de Madrid, ont également avancé que les taux de mortalité étaient également plus élevés que ceux attribués au Covid-19. Ainsi, selon le ministre de la Justice de Madrid, Enrique López, entre le 15 et le 31 mars 2020, 5 950 personnes sont décédées, 4 850 de plus qu’au cours de la même période en 2019. Le nombre officiel de décès par Covid-19 du 15 au 31 mars à Madrid, c’est 3 390, 30% de moins.

Il en est de même dans la région de Valence où le magistrat de l’état civil de la région, José María Tomás y Tío, a déclaré que « les données ne sont pas crédibles ». Selon ce magistrat, il y a « sûrement » plus de décès par coronavirus que ceux qui sont dénombrés et « il n’y a plus la possibilité de faire des analyses pour le confirmer ».

Le problème provient des instructions que le ministère de la Santé espagnol a adressées aux communautés autonomes depuis le début de l’épidémie. Les chiffres officiels ne contiennent que le « nombre total de cas confirmés de Covid-19 décédés en Espagne ». De cette façon, tous les « cas probables et suspects, qui ne sont pas testés » ne sont pas comptabilisés.

Le ministère de la Justice a demandé aux régions de faire parvenir les registres d’Etat civil, avec des détails sur le lieu du décès, qu’il s’agisse d’un hôpital, d’un domicile ou d’autres centres sociaux et de santé. L’objectif semble être de déterminer l’ampleur de l’écart entre les chiffres officiels et réels, comme l’ont dénoncée diverses régions et institutions judiciaires.

En France, on rencontre la même problématique. Le gouvernement a commencé depuis quelques jours à comptabiliser les morts en Ehpad. Cependant, les victimes du virus qui meurent chez elles sans être testées ne sont toujours pas comptées parmi les victimes du Covid-19.

Jean-Marc Manach, journaliste d’investigation, a constaté une disparité similaire dans le département du Haut-Rhin. Le nombre de morts est deux fois plus important notamment parmi les personnes âgées.

En Italie, le nombre réel de morts du coronavirus est au moins quatre fois supérieur aux chiffres officiels, ont expliqué deux experts italiens dont l’un est maire d’une ville proche de Bergame. Comme en Espagne et en France, les données sont mal calculées car elles ne prennent en compte que les cas avérés de Covid-19.

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