Etudiants, commerçants, mamans.. les queues pour les distributions alimentaires multipliées par trois

Les files d’attente pour obtenir des denrées alimentaires auprès du Resto du Cœur s’agrandissent au fil des semaines. Une photo de Clichy-sous-Bois postée sur les réseaux sociaux a choqué les internautes qui, pour beaucoup, ont découvert la véritable face de la précarité en banlieue.

Mais ce samedi 2 mai, les français ont pu voir que même Paris n’était pas épargnée par la misère. Le journaliste Remy Buisine a filmé des dizaines voire des centaines de parisiens lors d’une distribution des Restos du Cœur dans la capitale.

“Ça me rend triste et impuissant. Cette distribution existe en «temps normal» mais il y a tellement plus de monde… et j’ai l’impression d’en voir toujours plus à chaque fois…”, explique le journaliste sur son compte Twitter.

Selon les Restos du cœur, le nombre de personnes bénéficiaires de la distribution alimentaire rien que sur la Place République a été multiplié par trois.

Et la situation n’est pas mieux en province. Selon Patrice Blanc, Président des Restos du Cœur, la situation est tellement catastrophique qu’elle rappelle les vieux clichés de 1929.

A Nantes, lors de la dernière distribution au centre-ville, les bénévoles ont travaillé 6 heures pour pouvoir donner à manger à 1300 personnes. Un nombre quatre fois plus important qu’à l’accoutumée.

Dans les grandes villes comme Toulouse, Lille, Paris ou Bordeaux, on peut voir des étudiants, des femmes avec enfants ou des travailleurs précaires type Uber Eat aux distributions alimentaires.

“Ils viennent chercher à manger pour eux. Même s’ils livrent pour les autres, eux n’en ont pas.

En ce qui concerne les mères de famille, la fermeture des cantines scolaires a fait grossir le panier repas quotidien. Un gouffre financier pour des familles précaires.

En milieu rural, certains centres ont dû fermer notamment dans l’Est où de nombreux bénévoles ont été touchés par la maladie. Les retraités qui aident d’habitude l’association ont dû rester chez eux provoquant la fermeture des locaux.

Les travailleurs agricoles saisonniers comme dans le Lot-et-Garonne se sont retrouvés sans travail tout comme les intermittents du spectacle dans les zones touristiques. Ces travailleurs au régime spécial sont alors sans salaire avec l’impossibilité de se déplacer suite à la mise en place du confinement.

Le Préfet de la Seine-Saint-Denis a alerté son homologue de l’Île-de-France sur la situation préoccupante dans son département. Les autorités craignent des émeutes de la faim si le confinement venait à être prolongé. Une situation extrêmement compliquée validée par des officiers sur le terrain qui voient les files d’attentes s’agrandir devant les distributions alimentaires.

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