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Iran : révolte de la population après une augmentation de 50 à 300% du prix de l’essence


Iran révolte hausse prix de l'essence

En Iran, la situation semble de plus en plus tendue après que le régime iranien a annoncé une hausse d’au moins 50 % du prix de l’essence. De nombreuses émeutes ont explosé à travers le pays faisant au moins deux morts dont un policier.

La colère monte en Iran après une augmentation radicale du prix de l’essence. Le carburant, très subventionné en Iran, doit augmenter de 50% à 15.000 rials (11 centimes d’euros) pour les 60 premiers litres achetés chaque mois, et de 300% pour les litres suivants.

Des manifestations antigouvernementales ont lieu dans de nombreuses villes du pays. Les manifestants demandent la chute du régime. Le bâtiment de la Banque Centrale aurait été incendié par les manifestants en colère. Des pompes à essence ont également été attaquées afin de tenter de récupérer les réserves d’essence.

La décision, annoncée vendredi, a été suivie par des manifestations nocturnes qui se sont étendues jusqu’à samedi, lorsque les manifestants ont bloqué des routes dans des villes et ont affronté les forces de l’ordre.

Il reste à savoir combien de personnes ont été blessées, tuées et arrêtées après que des vidéos publiées sur les réseaux sociaux montrent des manifestations gravement blessées. Les autorités iraniennes ont porté dimanche à au moins deux le nombre de morts dans les violences qui ont entouré les troubles.

Les assaillants qui visaient un commissariat de police à Kermanshah samedi ont tué un officier sur place, a rapporté dimanche l’agence de presse officielle IRNA. Un peu plus tôt, un homme aurait été tué vendredi soir dans la ville centrale de Sirjan.

Des vidéos postées sur les réseaux sociaux montrent des manifestants incendier des bâtiments et se heurtant à la police anti-émeute. Dans d’autres vidéos, ils semblent bloquer des routes et allumer des feux dans les rues de la capitale, Téhéran, et dans d’autres villes.

La télévision d’Etat a déclaré que la police avait affronté ce qu’elle appelait des émeutiers dans certaines villes et avait tiré des gaz lacrymogènes pour les disperser.

Le ministre iranien de l’Intérieur, Abdolreza Rahmani Fazli, a déclaré samedi à la télévision d’Etat que les forces de sécurité « ont jusqu’ici fait preuve de retenue » mais agiront pour rétablir le calme si les manifestants « endommageaient des biens publics ».

Les propos de l’ayatollah Khamenei , actuel guide suprême de la Révolution islamique, soutenant et appuyant les mesures du régime, sont intervenus lorsque les autorités ont fermé Internet afin d’étouffer les manifestations dans une vingtaine de villes et villages.

Netblocks, une ONG qui surveille la censure sur Internet, a déclaré samedi dans un article publié sur Twitter que l’Iran était maintenant « en pleine phase de fermeture de l’internet national ». Les données réseau en temps réel montrent une connectivité à 7% du niveau ordinaire après douze heures de déconnexions progressives du réseau alors que les manifestations publiques se poursuivent.

Des vidéos diffusées dimanche sur les réseaux sociaux ont montré que des manifestants abandonnaient leur voiture le long des principales autoroutes et rejoignaient des manifestations de masse à Téhéran et ailleurs.

Selon la décision des autorités iraniennes, pour faire face aux sanctions américaines, des mesures de rationnement doivent être prises immédiatement. Les véhicules à usage privé sont désormais limités à 60 litres de carburant par mois, avec un prix de l’essence à 15 000 rials iraniens (0,13 dollar) le litre. Tout achat de carburant en plus des rations allouées entraînera des frais supplémentaires de 30 000 rials (0,26 dollar) le litre.

Ces mesures ont fait craindre aux ménages de nouvelles pressions économiques dans un pays dont l’économie devrait se contracter de 9,5% cette année. Les Iraniens, en particulier ceux qui gagnent des salaires bas et moyens, ont déjà subi un choc énorme en raison d’une crise monétaire et d’une vague inflationniste provoquée par les sanctions américaines imposées après le retrait unilatéral de Washington de l’accord nucléaire historique signé entre les puissances mondiales et l’Iran en 2015.

Les manifestations, bien que moins répandues que les manifestations économiques qui ont secoué le pays il y a près de deux ans, ont mis de nouvelles pressions sur le gouvernement du président iranien Hassan Rouhani avant les élections législatives de février.


Écrit par La Rédaction Issues

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