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Coronavirus. Les médecins sont furieux, la France aurait envoyé son stock stratégique de masques FFP2 en Chine


L’épidémie du coronavirus a déjà fait au moins quatre morts en France et on compte plus de deux cents cinquante cas testés positifs. Face à la propagation du virus, les médecins sont en colère puisqu’ils ne pourront pas soigner les malades dans de bonnes conditions n’ayant même pas reçu de masques FFP2.

De nombreuses voix s’élèvent parmi les personnels soignants pour dénoncer ce qui pourrait devenir une affaire d’Etat. SOS Médecins, plusieurs médecins dans des hôpitaux publics et des médecins généralistes ont fait savoir qu’ils n’avaient pas reçu le matériel nécessaire pour se protéger de l’épidémie de coronavirus dans l’exercice de leurs fonctions.

Les masques fournis ces derniers jours par les autorités sanitaires sont des masques chirurgicaux qui ne permettent pas aux soignants de se protéger des malades et qui sont en plus périmés !

Dans un communiqué, SOS Medecins Sens envisage de cesser son activité afin d’éviter que les médecins qui rencontrent de nombreux patients, parfois très fragiles, participent à la chaîne de contamination.

« Pour mémoire le Covid19 est un virus donnant un syndrome grippal. L’absence d’immunité de la population générera de fait un grand volume de malade.
Pour faire face, les médecins se doivent de ne pas être malades et de ne pas participer à la chaîne de contamination.

En l’absence de réponse rapide et de mise à disposition rapide de matériel de protection, SOS Medecins Sens envisage de cesser son activité, jusqu’à livraison, et ce, pour protéger ses personnels afin de conserver son efficacité optimale si l’épidémie venait à se confirmer », peut-on lire dans un communiqué de SOS Médecin Sens.

Ce communiqué a été publié avant l’annonce d’un nouveau cas de coronavirus près de Mulhouse. Un médecin généraliste de 33 ans, qui a été contaminé lors d’un rassemblement évangélique, a fermé son cabinet craignant avoir un simple rhume. Ce praticien qui rencontre de nombreux malades aurait pu propager la maladie à ses patients s’il n’avait pas arrêté de travailler. Les craintes de SOS Médecins se sont avérées exactes.

Un autre médecin généraliste a également fait savoir qu’il n’avait pas reçu les masques FFP2. Dans une vidéo sur Twitter, Bertrand Legrand accuse les autorités françaises d’avoir envoyé tout le stock de masques stratégique en Chine le 19 février. Une date importante puisqu’il s’agit du jour où un premier cas de coronavirus a été officiellement déclaré par le gouvernement italien.

Sur le site du Ministère des Affaires Etrangères ont peut trouver le communiqué annonçant l’envoi de 17 tonnes de matériel médical à destination des équipes soignantes de Wuhan.

La situation est dramatique et face à la grogne des médecins, Emmanuel Macron, qui a annulé tous ses déplacements, a publié sur Twitter un message annonçant que tous les stocks de masques et la production allaient être réquisitionnés pour les donner aux soignants.

Ce tweet confirme les craintes des soignants quant au manque de préparation de la France face à une épidémie mondiale qui a un taux de propagation très élevée. Comment soigner les citoyens si même les médecins ne sont pas à l’abris de tomber malade ?

Dans l’Oise, plus de 200 soignants des hôpitaux de Creil et de Compiègne ont été placés en confinement chez eux par mesure de précaution suite à la présence d’un cas de coronavirus détecté trop tard.  Comment réagir si cette situation se multipliait à cause du manque de protection du personnel hospitalier ?

Si la France n’est pas passée officiellement au stade 3, les hôpitaux ne prennent déjà plus que les cas les plus graves. Les médecins généralistes vont devoir traiter les patients signalés positifs les moins importants mais les plus nombreux. Les prochaines semaines vont être intenses en charge de travail et les risques décuplés.

Véronique Rogez, médecin généraliste à Noyon, a également témoigné du manque de moyens des médecins. Elle a notifié, comme on l’expliquait dans un article précédent, que le 15 ne se déplace plus pour les cas suspects mais seulement si c’est un cas critique.

A l’image de cette médecin généraliste, de nombreux autres ont peut être déjà croisé des cas suspects de coronavirus. Sachant que la période d’incubation est estimée entre 3 et 21 jours, la possibilité de voir dans les prochaines semaines de nombreux médecins tomber malades n’est pas improbable.

L’épidémie de coronavirus vient de commencer et déjà, à l’image de l’affaire Lubrizol à Rouen, rien n’est fait pour que les citoyens obtiennent des réponses à leurs questions. Le gouvernement promet la transparence tout en cachant les dysfonctionnements et le manque de moyens.

Agnès Buzyn, alors Ministre de la Santé avant de remplacer Benjamin Griveaux aux élections municipales de Paris, nous avait pourtant assuré que tout avait été prévu.

Et pourtant, en plus de la pénurie de masques pour les soignants, la France semble ne pas posséder suffisamment de laboratoires pour faire des tests spécifiques au coronavirus. De nombreux français qui sont passés par des zones contaminées et qui présentent des symptômes du coronavirus ne sont pas testés et sont priés de rester chez eux 14 jours.

« Je suis peut-être un peu parano, et c’est sans doute juste une grippe. Mais après, sans vouloir faire la complotiste, je ne comprends pas pourquoi on refuse que les gens le passent. Pour ne pas annoncer qu’il y a plus de cas détectés ? », s’interroge Lise, étudiante à Dijon, à qui on refuse de passer un test de dépistage.

Le Ministre de la Santé a promis l’augmentation du « nombre de laboratoires équipés en tests de diagnostic pour atteindre une capacité de plusieurs milliers d’analyses par jour et sur tout le territoire, contre 400 aujourd’hui ».  Les français attendent encore.

LIRE AUSSI : Coronavirus. Quelles sont les choses essentielles à avoir à domicile en cas de quarantaine

Écrit par La Rédaction Issues

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