Le vapotage français a franchi un cap discret mais significatif : la majorité des utilisateurs réguliers n’achètent plus leurs dispositifs pour les jeter. Avec 70 % des vapoteurs français déclarés sur un appareil réutilisable selon l’Eurobaromètre 2024, le marché de la puff rechargeable vit une expansion structurelle que les acteurs traditionnels de la vape n’anticipaient pas à cette vitesse.
C’est dans ce contexte que des marques spécialisées dans le rechargeable ont gagné une visibilité considérable. JNR, dont la gamme de puffs rechargeables est distribuée par plusieurs boutiques en ligne françaises, figure parmi les marques les plus recherchées sur ce segment. Sa particularité : des appareils à réservoir remplissable vendus avec les e-liquides de recharge correspondants, un modèle qui fidélise les utilisateurs sur plusieurs mois plutôt que de les inciter à racheter un appareil complet à chaque renouvellement.
Un marché structuré autour du rechargeable
Le marché de la cigarette électronique a dépassé 1,6 milliard d’euros en France en 2025 selon les estimations du cabinet Xerfi. Les ventes d’e-liquides représentent 60 % de ce chiffre, signe que le consommateur français bascule vers des systèmes ouverts et réutilisables. Trois millions de vapoteurs quotidiens sont recensés dans les études de Santé Publique France, un chiffre stable depuis 2023 mais dont la composition a changé : les utilisateurs de longue durée prennent le pas sur les expérimentateurs occasionnels.
Les motivations déclarées pour passer au rechargeable convergent vers deux facteurs principaux. L’économie d’abord : 83 % des vapoteurs sondés par l’IFOP en février 2025 déclarent avoir réalisé des économies depuis leur passage à la cigarette électronique. La maîtrise ensuite : choisir ses saveurs, doser sa nicotine, prolonger la durée de vie de son appareil. Les e-liquides aromatisés aux saveurs fruitées restent les plus consommés en France selon l’Eurobaromètre, loin devant les profils tabac ou menthol purs.
Le profil du vapoteur français a évolué
Le profil du vapoteur français en 2026 est moins celui de l’ex-fumeur en transition que celui de l’utilisateur fidélisé sur un système précis. Les recherches en ligne sur des gammes spécifiques ont progressé par rapport aux requêtes génériques sur « cigarette électronique », signe que l’audience a gagné en maturité et sait ce qu’elle cherche. Cette logique de fidélisation est exactement celle qu’ont exploitée les marques de puffs rechargeables en structurant leur offre autour d’un appareil et de ses recharges liquides dédiées.
Ce que confirment les données de santé publique
Cette évolution dépasse les frontières françaises. Les données internationales montrent une corrélation entre progression du vapotage et recul du tabagisme traditionnel, une tendance que les institutions de santé publique suivent de près. En France, les bilans publiés par l’OFDT confirment que le vapotage quotidien a progressé de façon continue depuis 2020, dans un contexte de baisse structurelle des volumes de tabac vendus, en recul de 8,2 % en 2025 par rapport à 2024.
Le marché de la puff rechargeable en France n’est plus un segment de niche. Il est devenu un marché de consommation courante, avec ses leaders, ses codes et ses utilisateurs fidèles sur plusieurs années. Ce qu’il reste à surveiller : la pression réglementaire européenne qui s’annonce sur les taux de nicotine et les arômes autorisés, et la capacité des marques à s’adapter sans perdre les utilisateurs qu’elles ont conquis.


