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Le dernier rapport de l’AIE alerte sur l’urgence des changements radicaux dans l’énergie


Le récent rapport mondial annuel de l’Agence internationale de l’Energie (AIE) risque de susciter beaucoup d’inquiétudes. L’édition 2019 du World Energy Outlook met en exergue la nécessité d’action des gouvernements pour l’avenir des systèmes énergétiques et donc de la planète.

Trois scénarios ont été proposés dans ce rapport qui déplore l’insuffisance de l’action des Etats pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, responsables du réchauffement climatique.

Scénario actuel

Le premier scénario, qui s’appuie sur les chiffres actuels, fait état d’une demande d’énergie toujours plus croissance, avec une augmentation de 1,3% par an jusqu’à 2040. Une demande toujours plus importante qui provoquera des tensions de tous types sur les marchés et la poursuite de la forte hausse des émissions de CO2.

Scénario intermédiaire mais insuffisant

Le deuxième scénario, qui se base sur les mesures actuelles souhaitées et visées, est également très incertain. Face à la croissance de la consommation énergétique, il sera impossible d’assurer un futur énergétique sûr et durable.

Cet accroissement sera tiré pour plus de moitié par des sources bas carbone (dominées par le solaire) et pour un tiers par le gaz naturel. Le pétrole se stabiliserait dans les années 2030. Les énergies dites « vertes » ne suffiront pas , selon le rapport, a contrebalancer les effets de la croissance économique mondiale et l’augmentation de la population.

Le rapport dessine un monde en 2040 où des centaines de millions de personnes n’ont toujours pas accès à l’électricité, où le changement climatique engendré par les émissions de CO2 aurait de « graves conséquences », et où le nombre de morts prématurées liées à la pollution avoisine les niveaux actuels.

Les Etats-Unis représenteront, selon ce scénario intermédiaire, 85% de la hausse de production de pétrole d’ici à 2030 et 30% du gaz. La production de gaz de schiste et pétrole de la Russie devrait d’ici 2025 être rattrapée par les Etats-Unis.

La production mondiale de l’OPEP et de la Russie devrait tomber à 47% en 2030 contre 55% au milieu des années 2000. Pour autant, le Moyen-Orient restera dans les prochaines années toujours un centre névralgique de l’approvisionnement en pétrole.

Accords de Paris

Le scénario 3, qui s’appuie sur les objectifs de l’accord de Paris, soit une montée de la température bien inférieure à 2°C par rapport au niveau préindustriel, apparaît extrêmement complexe à atteindre. Il faudrait selon le rapport «des changements rapides et généralisés dans tout le système énergétique».

«Il n’y a pas de solution unique ou simple pour atteindre nos objectifs climatiques», résume Fatih Birol, directeur général de l’IEA, pour qui «de nombreuses technologies et sources d’énergie ayant un rôle à jouer à travers tous les secteurs de l’économie».

Efficacité énergétique et électricité

Pour atteindre ce scénario, il faudrait une nette amélioration de l’efficacité énergétique (chauffage, éclairage, mobilité). Jusqu’à présent, la progression de l’efficacité énergétique est très faible (1,2% en 2018), très loin du taux de 3% qui serait nécessaire.

L’électricité deviendra l’une des rares sources d’énergie à voir sa consommation augmenter dans les prochaines décennies. Le pétrole serait ainsi rattrapé puis dépassé en 2040 dans la consommation totale d’énergie. L’éolien et le solaire fourniraient presque toutes les capacités de production additionnelles.

Centrales à charbon en Asie

Le rapport évoque aussi la concentration en Asie des centrales à charbon construites sur la planète ces 20 dernières années.

«Ces 20 dernières années, l’Asie a représenté 90% des capacités de centrales à charbon construites sur la planète, et ces usines ont potentiellement de longues durées de vie opérationnelles devant elles», selon l’AIE.

Des solutions de captation et de séquestration de dioxyde de carbone seront nécessaires. Sinon il sera nécessaire de les fermer plus tôt que prévu.

L’Afrique un défi planétaire

A l’horizon 2040, « une nouvelle personne sur deux dans le monde sera africaine », souligne l’AIE. Le continent africain va ainsi connaître une hausse très importante de ses besoins énergétiques. L’énergie solaire photovoltaïque constituerait « la source la moins chère d’électricité pour beaucoup des 600 millions d’Africains qui n’y ont pas accès aujourd’hui ».

A noter la démocratisation de l’utilisation des appareils énergivores tels que les climatiseurs dans des régions d’Afrique qui devraient connaître une forte démographie. Face à cela, le rapport conseille de se concentrer sur l’efficacité énergétique notamment dans les domaines de la construction et du transport.

Écrit par La Rédaction Issues

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