Chaleurs extrêmes : le nombre de jours au-dessus de 50°C a doublé en 40 ans

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Le nombre de jours où la température atteint 50°C a doublé depuis les années 1980 selon une analyse de la BBC. Au cours de la même période, les chaleurs extrêmes supérieures à 45°C se sont produites en moyenne deux semaines supplémentaires par an.

Toujours plus de chaleurs extrêmes

Chaque décennie, le nombre total de jours au-dessus de 50°C augmente. En moyenne, entre 1980 et 2009, les températures ont dépassé les 50°C environ 14 jours dans l’année. Ce nombre est passé à 26 jours par an entre 2010 et 2019.

« L’augmentation peut être attribuée à la combustion de combustibles fossiles à 100 % », explique le Dr Friederike Otto, directrice associée de l’Environmental Change Institute de l’Université d’Oxford.

Selon l’agence européenne Copernicus sur le changement climatique, l’été 2021 a été le plus jamais enregistré en Europe tandis que le mois d’août est le troisième plus chaud jamais enregistré au niveau mondial.

Les chaleurs extrêmes touchent de plus en plus de pays

Si les températures extrêmes se produisent principalement au Moyen-Orient, elles sont de plus en plus régulières en Amérique. Les Etats-Unis constatent que les températures au-dessus de 50°C deviennent plus fréquentes avec des pics à 55°C.

Ces températures extrêmes provoquent des incendies géants sur toute la côte ouest des Etats-Unis. Les forêts sont dévastées et n’ont pas le temps de se reconstituer tandis que les sécheresses provoquent la diminution du niveau des cours d’eau et la désertification des sols.

Si le réchauffement climatique se poursuit, de nouveaux pays devraient être frappés par ces températures extrêmes. Cet été, l’Italie a battu son record avec 48,8 °C et le Canada également avec 49,6 °C. Dans la région de Vancouver, près de 700 personnes sont mortes à cause de la vague de chaleur intense.

La chaleur élevée peut être mortelle pour les humains et la nature, et causer des problèmes majeurs aux bâtiments, aux routes et aux systèmes électriques. Les infrastructures n’ont pas été pensées pour des températures aussi élevées.

« Avec les émissions continues et le manque d’action, non seulement ces épisodes de chaleur extrême deviendront plus graves et plus fréquents, mais les interventions d’urgence et leur rétablissement deviendront plus difficiles », prévient le Dr Li, chercheur en climatologie à la School of Geography and the Environment de l’Université d’Oxford.

Le réchauffement climatique n’est pas ressenti de la même manière à travers le globe. L’Europe de l’Est, l’Afrique australe et le Brésil ont vu certaines températures maximales augmenter de plus de 1 °C, et certaines parties de l’Arctique et du Moyen-Orient ont enregistré des augmentations de plus de 2 °C.

Les migrants climatiques face à la désertification

Les chaleurs extrêmes provoquent une désertification toujours plus importante dans les régions comme le Moyen Orient. Les paysans voient leurs terres devenir incultivables.

« Toute cette terre était verte, mais tout cela a disparu. Maintenant c’est un désert, la sécheresse », déplore Cheikh Kazem Al Kaabi, un producteur de blé d’un village du centre de l’Irak.

Face à la montée des températures, les sécheresses et le stress hydrique, la quasi totalité des habitants de son village ont fui vers d’autres provinces. Des migrants climatiques comme il risque d’y en avoir de plus en plus ces prochaines décennies.

Selon les experts, les populations d’Afrique et d’Asie devront faire face à une hausse des températures rendant certaines zones invivables pendant une partie de l’année. La Banque Mondiale évoque 216 millions de réfugiés climatiques internes d’ici 2050.

Une étude de l’Université Rutgers aux Etats-Unis publiée en 2020 indique que 1,2 milliard de personnes dans le monde pourraient être confrontées aux chaleurs extrêmes d’ici 2100. Soit quatre fois plus que les personnes touchées actuellement.

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