Syrie : 900.000 civils fuient les bombardements du régime | La Turquie menace d’attaquer

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Les bombardement se sont multipliés ces dernières semaines à Idlib, dernier bastion des forces rebelles. Les frappes aériennes de l’aviation russe et du régime syrien ont fait plus de 400 morts civils depuis mi-décembre. Au moins 900 000 personnes, dont 500 000 enfants, ont fui les bombardements vers le Nord du pays et la frontière turque.

La Turquie prête à repousser les troupes du régime syrien

Recep Erdogan a fait savoir qu’il ne pouvait pas accueillir davantage de réfugiés syriens, déjà 3,5 millions sont présents en Turquie. Les frontières ont été fermées et les civils tentent maintenant de rejoindre le Kurdistan syrien de peur des représailles de l’armée loyaliste tout en faisant face à une vague de froid inédite.

Idlib est assiégée par les troupes de Bachar Al Assad avec le soutien de l’aviation russe. Des hélicoptères syriens jettent au dessus de la ville des barils de TNT sur les populations civiles.

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Rupert Colville, porte-parole du Bureau des Droits de l’Homme à l’ONU, a accusé la Russie et Damas de viser volontairement les hôpitaux et les écoles ce qui pourrait être considéré comme « des crimes de guerre ».

La Turquie, en accord avec la Russie, possède des points d’observation autour de la ville d’Idlib. Ces dernières semaines, les forces de Bachar Al Assad ont dépassé ces points de contrôle et au moins 13 soldats turcs ont été tués. Ankara a répliqué en frappant une centaine de cibles et en promettant une offensive importante si les troupes syriennes ne respectaient pas les accords de Sotchi et d’Astana.

« Une opération dans la région d’Idlib est imminente », a déclaré M. Erdogan aux législateurs de son parti au Parlement mercredi. « Nous faisons le compte à rebours, nous lançons nos derniers avertissements ».

Les Etats-Unis demandent à la Russie de stopper son soutien à Damas

Dans une déclaration publiée par la Maison Blanche dimanche, l’attaché de presse adjoint Judd Deere a déclaré que Donald Trump – lors d’un appel téléphonique avec le président turc Recep Tayyip Erdogan – « a fait part du désir des Etats-Unis de voir la Russie mettre fin à son soutien aux atrocités du gouvernement Assad et à une résolution politique du conflit syrien ».

« M. Trump a exprimé son inquiétude sur la violence à Idlib, en Syrie, et a remercié M. Erdogan pour les efforts de la Turquie pour prévenir une catastrophe humanitaire », a déclaré M. Deere.

L’émissaire américain en Syrie, James Jeffrey, a confirmé que des confrontations entre soldats US et russes se produisaient dans le nord-est de la Syrie avec une fréquence croissante. Des tensions qui font craindre une nouvelle escalade de la violence.

Le 12 février, une patrouille américaine et une milice loyale au régime de Bachar Al Assad se sont opposées dans le nord-est de la Syrie. Dans une vidéo, on peut voir les miliciens refuser que les soldats américains passent par un pont tenu par les miliciens.

Moscou continue de soutenir Damas

Malgré les critiques et les accusations de « crime de guerre », la Russie continue de soutenir le régime syrien. Vladimir Poutine, allié de Bachar Al Assad, entretenait jusqu’à présent de bonnes relations avec le président turc Recep Erdogan. Les divergences entre Ankara et Moscou sur le conflit syrien n’avaient pas empêché les deux puissances de s’entendre jusqu’à la mort de plusieurs soldats turcs par les forces du régime de Damas dans la conquête d’Idlib.

« J’ai souligné que les attaques à Idlib devaient cesser et qu’il était nécessaire d’établir un cessez-le-feu durable qui ne serait pas violé », a déclaré le ministre turc des affaires étrangères Mevlut Cavusoglu aux journalistes lors de la conférence de Munich sur la sécurité, après sa rencontre avec le ministre russe des affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Face aux menaces d’Ankara de lancer son armée dans la bataille d’Idlib, le porte-parole du Kremlin a appelé à ne pas imaginer «le pire scénario».

«Il ne faut pas imaginer les pires scénarios», a-t-il dit, ajoutant que «s’il s’agit d’une opération contre les autorités légitimes et les forces armées de la Syrie, bien entendu, c’est le pire scénario».

La Russie a indiqué qu’elle continuerait de dialoguer avec la Turquie mais n’a pas condamné les attaques des forces de Damas contre les postes d’observation turcs. Selon Moscou, Ankara s’était engagée à maîtriser les rebelles et djihadistes syriens, ce qu’elle n’aurait pas fait suffisamment.

L’opposition syrienne désemparée

L’opposition syrienne à Idlib blâme la Turquie de ne pas répondre suffisamment aux attaques du régime syrien. Elle a jugé inefficace les postes d’observation turcs mis en place pour la désescalade, car ils n’ont pas empêché l’avance au sol du régime. Les troupes loyalistes ont récupéré pour la première fois depuis 2012 plusieurs villages et villes autour d’Idlib.

«Les mauvaises réactions de l’armée turque face à l’avance des forces du régime à Idlib encouragent cette dernière à continuer de progresser, sans tenir compte des postes turcs, qui n’ont pas réussi à les arrêter. Lorsque nous avons été bombardés [dans les zones de désescalade], la réponse turque était limitée », a déclaré Yahya Mayo , le coordinateur des médias de l’Armée nationale syrienne (SNA) de l’Armée syrienne libre.

Le moral de l’opposition syrienne est au plus bas quelques jours seulement après la perte totale d’Alep. Le régime syrien a réalisé le premier vol d’un avion entre Damas et Alep, capitale économique du pays avant la révolution. Un vol symbolique qui augmente le moral d’une armée loyaliste syrienne qui semblait complètement dépassée il y a encore quelques années et qui contrôle désormais 70% du territoire syrien.

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Vladimir Poutine est en train de prouver au monde que la Russie est une alternative sérieuse à la géopolitique américaine dans la région. Le volte-face de Barack Obama en Syrie et la focalisation de Donald Trump sur la Chine ont laissé une autoroute à Moscou au Moyen Orient. Une autoroute qui pourrait se prolonger jusqu’en Libye où déjà, des mercenaires russes soutiennent le Maréchal Haftar contre le gouvernement de Tripoli reconnu par l’ONU et soutenu par la Turquie.

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