Coronavirus : pourquoi paniquer ? Ce n’est qu’une grippe !

enfant coronavirus

Décontractés, sans pression, les membres du gouvernement et différents responsables en tout genre, nous expliquent à tout bout de champ qu’il ne faut pas paniquer. Après tout, le coronavirus, ce n’est qu’une grippe ! Les italiens ferment leurs écoles, les américains déclarent l’état d’urgence et la BCE s’entraîne au télétravail, parce que ça les change de leur routine, ça crée un peu d’animations dans le pays et ça resserre les liens familiaux (nous expliqueraient peut-être certains sociologues), bien sûr.

Légèrement déroutée face aux décisions françaises, je demande à discuter avec le directeur de l’établissement scolaire de mon fils, pour connaître les mesures prises par l’école dans le contexte d’épidémie du coronavirus. Il m’explique, droit dans ses bottes et sans sourciller, que toutes les mesures de précaution sont mises en place. « Ne vous inquiétez pas madame, les enfants se lavent les mains, régulièrement ». Bref, je le travaille un peu pour arriver à la conclusion : nous ne fermerons pas l’école ou n’entreprendrons aucune autre sorte de mesure tant qu’un enfant ne sera pas infecté. Ma stupéfaction fut de taille ! Leur mesure de précaution est d’attendre qu’un enfant soit malade… Précaution ou inconscience, chacun choisira son vocabulaire… D’autant que les assertions scientifiques en matière de contamination des enfants et de leur capacité à transmettre la maladie demeurent ténues. Le directeur conclura que de toute façon si les écoles sont fermées ce n’est jamais pour protéger les enfants mais bien pour ne pas qu’ils  ne propagent la maladie. Soit. Un bel esprit positif de la part d’un membre de l’éducation nationale, vous en conviendrez.

Alors, j’observe ce qui est mis en place dans le pays dans l’optique de protéger les enfants. Pendant des jours, ce sont 9 communes de l’Oise qui se voient forcées à quelques restrictions, des fermetures d’écoles par exemple. Finalement, après que le virus s’est massivement développé dans les départements de l’Oise et du Haut-Rhin, on globalise les fermetures à ces deux départements, sauf pour la faculté de Haute-Alsace qui a pris ses précautions – tiens elle aussi… – et peut tout à fait accueillir les étudiants. D’ailleurs,maintenant, quand on décèle un cas dans un établissement scolaire, on ne prend plus la peine d’arrêter toutes les classes, seulement celle concernée. Clin d’œil à Etampes en Essonne et au Mans.

J’avoue mon étonnement à mon entourage face à ces mesures laxistes dans un contexte européen beaucoup plus sérieux. On me répond, une nouvelle fois, inlassablement, comme des automates, comme si une cassette audio avait circulé subrepticement au sein de la population sans que je ne sois au courant, « après tout, ce n’est qu’une grippe ».

Vous voulez parier ? Allez, je suis joueuse, OK ce n’est qu’une grippe. Donc d’après les chiffres que j’ai trouvés, la grippe touche chaque année entre 2 et 6 millions d’individus. Bien que le coronavirus soit beaucoup plus contagieux qu’une grippe, je vais être fair-play et choisir le nombre de 4 millions de personnes infectées supposées du coronavirus.

La seule concession que l’on accepte au sujet de ce Covid-19 est sa capacité à tuer. Oui, le célèbre dicton « après tout, ce n’est qu’une grippe » est souvent suivi par « elle est juste un peu plus dangereuse ». Quel élan d’honnêteté !

En termes de chiffres, l’OMS s’accorde sur un taux de létalité de 3,4% dans le monde. Ce chiffre est fortement questionné et remis en question, chacun négociant le dénominateur. Je conserve ce pourcentage car il est par exemple beaucoup plus élevé en Italie alors que le système de santé et de soins y est excellent.

Reprenons nos calculs : 4 000 000 *3,4% = 136 000.

Ainsi, en conservant le taux de contagiosité de la grippe saisonnière et sachant que celui du coronavirus lui est bien supérieur, on arrive quand même à plus de 100 000 décès. Bingo, c’est aussi ce qu’annonce un membre de l’institut pasteur dans un récent reportage…

Maintenant, nous arrivons au raisonnement le plus pervers de toute cette hypocrisie bien française et bien puante : « Oui, mais ne t’inquiète pas ça touche avant tout les personnes âgées ou fragiles ». Ouf me voilà rassurée, ma petite trentaine et moi avec mes deux mioches pourront nous balader tranquillement pendant que les vieux tomberont comme des mouches autour de nous…

Estelle
Membre de la rédaction Issues.fr

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