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? 13 militaires français morts au Mali et déjà des interrogations sur l’opération militaire


Treize militaires français de la force Barkhane ont trouvé la mort au Mali dans une collision accidentelle de deux hélicoptères lors d’une opération de combat contre des jihadistes, a annoncé mardi l’Élysée.

Lundi vers 19 heures, deux hélicoptères de l’armée française se sont percutés alors qu’ils se rendaient dans une opération dans la région du Liptako, aux confins du Mali, du Niger et du Burkina Faso. On compte parmi les victimes des groupements commandos parachutistes et des troupes de montagne.

Le général François Lecointre a publié un communiqué pour expliquer le déroulement des faits.

« Selon toute vraisemblance, un abordage entre les deux aéronefs évoluant à très basse altitude serait à l’origine de l’accident. Ils participaient à une opération d’appui aux commandos de la force “Barkhane” qui étaient au contact de groupes armés terroristes. »

« Les commandos traquaient un groupe de terroristes, décelés quelques heures plus tôt, qui évoluaient en pick-up et à motos. Très rapidement, ils ont été renforcés par des hélicoptères et une patrouille de Mirage 2000 ».

Le premier hélicoptère Cougar, avec à son bord six commandos de montagne et un chef de mission, « a alors été engagé pour coordonner l’ensemble des moyens, tout en étant en mesure d’intervenir pour assurer “l’extraction immédiate” d’un élément au sol », assure le communiqué. Et « vers 19 h 40, pendant la manœuvre destinée à préparer l’engagement de l’ennemi, l’hélicoptère Cougar et un Tigre sont entrés en collision, s’écrasant à courte distance l’un de l’autre ».

La classe politique française a rapidement réagi sur les réseaux sociaux en présentant leurs condoléances aux familles des victimes. Le Président de la République a fait part de sa « profonde tristesse » dans un communiqué de presse.

Il a salué « avec le plus grand respect la mémoire de ces militaires de l’armée de terre, six officiers, six sous-officiers, et un caporal-chef, tombés en opération et morts pour la France dans le dur combat contre le terrorisme au Sahel ».

L’armée française est au Mali depuis son déploiement en 2013 pour contrer une offensive jihado-touareg au nord du pays. Depuis 2014, 4.500 soldats français sont dans la région sahélienne pour faire face à la multiplication de groupes armés dans toute la zone.

De nombreux pays comme le Burkina Faso sont sur le point de s’effondrer avec des conflits intérieurs entre ethnies. Le Mali est également en proie aux mêmes problèmes avec notamment des exactions d’hommes armés contre des civils dans des villages du Nord, accusés d’être favorables aux jihadistes.

En plus d’Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) dans la région depuis plusieurs décennies, les pays du Sahel ont vu arriver la section EI en Afrique de l’Ouest. Cette dernière a récemment mené une terrible attaque contre la base militaire malienne d’Indelimane, tuant 49 soldats maliens. Une nouvelle défaite pour le gouvernement malien qui doit faire face à un désaveu toujours plus important de la part de la population.

La force Barkhane doit agir dans un territoire désertique grand comme l’Europe. Dans certains pays, les populations critiquent de plus en plus la présence de l’armée française qui dure depuis bientôt sept ans. Récemment, le célèbre chanteur malien, Salif Keita, a publié d’une vidéo accusant la France d’armer les jihadistes. Une théorie du complot qui se propage dans la population malienne qui voit dans la présence des troupes françaises une volonté de maîtriser leur ancienne colonie et le sous-sol minier.

La mort de ces 13 soldats risque de provoquer de nombreux débats sur l’intérêt de la présence militaire française au Sahel. Dans son communiqué, la France Insoumise évoque la volonté d’un débat sur la possibilité de mettre fin à l’opération militaire.

«Face à ce deuil, le groupe de La France insoumise en appelle aussi au gouvernement. Il est temps d’ouvrir une discussion sérieuse et rationnelle pour envisager les voies de sortie d’une guerre dont le sens échappe désormais à nombre de nos compatriotes et de Maliens eux-mêmes », écrit LFI dans un communiqué.

Pour l’instant, le Quai d’Orsay justifie son action par la crainte de la création d’une base arrière jihadiste qui pourrait frapper l’Europe. Cependant, pour les experts, il s’agit aussi pour la puissance française de maintenir sa géopolitique africaine. La question énergétique est aussi un facteur de taille étant donné la nécessité toujours plus accrue de récupérer de l’uranium pour les centrales nucléaires dans monde qui se tourne vers les énergies décarbonnées. Enfin, un théâtre de guerre permet aussi à la France, 4ème exportateur d’armes mondial, de mettre en valeur ses nouveaux équipements et d’assurer leur efficacité aux futurs acheteurs.

La France a déjà demandé à plusieurs reprises des renforts de la part des pays de l’Union Européenne. Pour l’instant, ces soutiens sont minimes et ressemblent plus à une opération de communication pour pouvoir ajouter le drapeau européen à la force Barkhane.

Selon les médias, un deuil national devrait être décrété prochainement. La date n’a pas encore été déterminée.

Ecouter aussi : Pourquoi la France continue-t-elle à faire la guerre hors de ses frontières ?

Écrit par La Rédaction Issues

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