Un ancien collier provenant de la tombe d’un enfant en Jordanie révèle les subtilités sociales de la culture néolithique, soulignant l’importance des ornements et suggérant les dynamiques sociétales complexes de l’époque. Reconstruction physique finale du collier, aujourd’hui exposé au nouveau musée de Petra en Jordanie. Crédit : Alarashi et al., 2023, PLOS ONE, CC-BY 4.0
L’analyse des ornements corporels de Jordanie identifie une interaction complexe entre l’art, le commerce, le statut et la pratique funéraire.
Un seul accessoire, un collier orné trouvé dans la tombe d’un enfant dans l’ancienne Jordanie, jette un nouvel éclairage sur la complexité sociale de la culture néolithique. Cette découverte a été détaillée dans une étude récemment publiée dans la revue PLOS UN par Hala Alarashi du Consejo Superior de Investigaciones Científicas, Espagne, et de l’Université Côte d’Azur, France, avec d’autres collègues.
Importance des ornements corporels
Les ornements corporels sont des symboles puissants qui communiquent des valeurs culturelles et des identités personnelles et sont donc très précieux dans l’étude des cultures anciennes. Dans cette étude, Alarashi et ses collègues analysent les matériaux qui ornaient le corps d’un enfant de huit ans enterré dans une tombe du village néolithique de Ba’ja en Jordanie, datant entre 7 400 et 6 800 avant notre ère.
Détails de la découverte
Les matériaux en question comprennent plus de 2 500 pierres et coquillages colorés, deux perles d’ambre exceptionnelles – les plus anciennes connues à ce jour au Levant – ainsi qu’un gros pendentif en pierre et une bague en nacre délicatement gravée. En analysant la composition, le savoir-faire et la disposition spatiale de ces objets, les auteurs concluent qu’ils appartenaient à un seul collier composite à plusieurs rangs qui s’est depuis effondré. Dans le cadre de cette étude, les chercheurs ont créé une reconstruction physique du collier original, qui est désormais exposée au musée de Petra, dans le sud de la Jordanie.
Aperçus et implications
Le collier à plusieurs rangs est l’un des ornements néolithiques les plus anciens et les plus impressionnants, offrant un nouvel aperçu des pratiques funéraires de l’époque pour des individus apparemment d’un statut social élevé. La confection du collier semble avoir nécessité un travail minutieux, ainsi que l’importation de certains matériaux exotiques en provenance d’autres régions. L’étude de ce collier révèle des dynamiques sociales complexes entre les membres de la communauté de Ba’ja – y compris les artisans, les commerçants et les autorités de haut rang qui commandaient de telles pièces – qui méritent certainement une enquête plus approfondie sur cette culture néolithique.
Les auteurs ajoutent : « Orner l’enfant décédé, relier les mondes de la vie et de la mort : la découverte et la reconstruction d’un collier extraordinaire du village de Ba’ja (Jordanie), vieux de 9 000 ans. »


