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“La mer autour de nous” de Rachel Carson, un voyage vers l’invisible

L’émission “Avoir raison avec Rachel Carson” sur France Culture, cet été, avait fait la part belle à cette autrice, biologiste marine, qui a vendu son ouvrage “la mer autour de nous” à plus d’un million d’exemplaires aux Etats-Unis lors de sa parution en 1951. Elle est devenue, au fil de ses prises de position et de ses écrits précurseurs, l’une des figures de proue de la préservation des océans et de la vie sous-marine. Le livre est resté 86 semaines sur la New York Times Best Seller List et a été traduit en 28 langues.

La lecture de ce livre est un voyage, non seulement par les descriptions et les enseignements prodigieux sur le monde marin, mais aussi parce qu’il nous offre un univers nouveau que nous ne soupçonnions pas. En découvrant “the sea around us” (la version originale en anglais), on se rend compte qu’on prête peu d’attention à ce que nous ne voyons pas. Bien sûr, nous aimons la mer, nous y baigner, flotter, marcher le long de la plage les pieds dans l’eau. Mais, on ne se demande jamais quels animaux microscopiques vivent dans ces eaux? Quelles espèces occupent, elles, les profondeurs? Parce qu’on ne les voit pas, on s’interroge peu. On connaît quelques habitudes de certains animaux et plantes aquatiques et cela nous suffit. Mais comment cette vaste étendue d’eau fonctionne ? Comment des mécanismes aussi subtils que le corail ont des répercussions sur l’ensemble du monde océanique ?

L’oeuvre de Rachel Carson fait prendre conscience de l’importance de l’invisible et de l’éloigné, cette réalisation n’est d’ailleurs pas étrangère à ce que l’on vit aujourd’hui au rythme des pics et des creux de l’épidémie du Covid-19, ce virus invisible qui dicte désormais nos faits et gestes, nos rendez-vous voire même nos pensées. Nous prêtons peu attention à ce qui n’est pas visible à l’œil nu et c’est un défaut que nous apprenons à nos dépens.

A travers la mer, nous plongeons dans un monde fascinant entre beauté des vagues et des échanges avec la Lune, le vent ou encore les saisons. Le chapitre sur les volcans, par exemple, démontre la virtuosité de l’autrice. C’est comme si on découvrait, sous nos yeux, la capacité créatrice de Rachel Carson. Elle raconte et nous voyons, nous réalisons à quel point la déferlante vitalité de la nature nous dépasse.

La touche distinctive de « the sea around us » provient également de l’alliance de la poésie et de la science. Ce livre est indescriptible et oscille entre des résultats de biologie océanique et un chant symphonique. Entre sirènes et chants savants, nous flottons ailleurs. Nous ne sommes pas vraiment sur Terre mais nous ne l’avons pas totalement quittée. Ce livre est à savourer le soir, quand le silence peut laisser sa place aux bruissements des vagues…

Les Nébulations d’Estelle

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