À Kimiko Bossi de Finarte, le récent vol au Fondation Magnani-Rocca a une signification plus large. « C’est un coup très dur non seulement pour l’institution concernée, mais aussi pour le monde de l’art dans son ensemble », dit-elle. « Il s'agit d'un épisode grave, tant pour la valeur économique des œuvres que, surtout, pour leur importance culturelle. »
Bossi est directrice principale et experte en art moderne et contemporain de la célèbre maison de ventes aux enchères, et ses commentaires interviennent alors que le monde accepte la perte d'œuvres importantes de maîtres renommés. Le 22 mars, des voleurs ont volé un Renoirun Cézanne, et un Matisse du légendaire musée du village de Mamiano di Traversetolo, près de Parme.
Ce vol soulève de sérieuses questions sur ce qui se passe lorsqu’un travail bien documenté parvient au marché noir. Salon de la vanité Italia a parlé à Bossi du système de criminalité artistique qui entre en action après un événement aussi tragique.
« Nous parlons d'œuvres très reconnaissables, volées d'une manière qui fait désormais l'objet d'enquêtes policières », dit-elle. « S'ils étaient remis sur le marché, ils seraient immédiatement interceptés. Des épisodes de ce genre nous rappellent combien il est nécessaire de continuer à investir dans la sécurité et à faire attention à la traçabilité des œuvres. »
Issues.fr Italie : Où finissent ces peintures ?
Kimiko Bossi : Des œuvres aussi célèbres ne peuvent pas être vendues. Je crains que leur destin ne soit de disparaître dans le silence, cachés dans l’ombre pendant des années – dans une dimension privée de l’illégalité, dans un coffre-fort on ne sait où. Nous espérons que la grande compétence de nos forces de l’ordre garantira qu’ils pourront être récupérés le plus rapidement possible.
Dans quelle mesure est-il difficile pour les maisons de ventes d’intercepter les œuvres volées qui reviennent sur le marché ? Si une œuvre volée arrive, que faut-il faire ? Quelles actions mettre en place ?
Lorsque des œuvres aussi connues sont volées, le marché légal n’est pas une option. Une maison de vente aux enchères ne traiterait jamais d’œuvres de provenance douteuse. C'est pourquoi de tels épisodes alimentent des circuits criminels qui n'ont rien à voir avec notre secteur. Au contraire, des entreprises comme la nôtre fonctionnent avec des protocoles très minutieux, car pouvoir reconnaître une œuvre volée est un devoir professionnel, pour la protection de nos clients.
Pour une maison de ventes comme Finarte, la lutte contre les trafics illicites est une priorité absolue : chaque œuvre qui entre dans nos catalogues est soumise à des contrôles rigoureux, croisés avec des bases de données nationales et internationales. Nous avons un accord avec l'Art Loss Register grâce auquel tous les biens que nous traitons sont contrôlés de manière préventive et vérifiés qu'ils ne figurent pas dans les bases de données internationales d'œuvres volées ou portées disparues. L'ALR est un organisme international qui assure ce rôle depuis 1990 et, par ses activités et sa collaboration avec les acteurs les plus vertueux du marché, elle lutte efficacement contre le commerce des œuvres volées.
Comment les propriétaires et les institutions peuvent-ils se protéger ? Existe-t-il des outils efficaces ?
Des outils de protection existent et fonctionnent : assurances spécialisées, protocoles muséaux, contrôles douaniers, registres internationaux. Néanmoins, la prévention reste toujours la partie la plus importante.
Qu’arrive-t-il au monde de l’art quand de tels vols se produisent ?
Chaque vol ou disparition nous rappelle à quel point le monde de l’art est fragile et combien la valeur de ce que nous détenons est avant tout culturelle, identitaire et humaine. Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons véritablement protéger notre patrimoine.
Histoire originale dans Issues.fr Italia.


