Dans ce qui a déjà été décrit comme le plus grand vol que l'institution ait subi depuis un siècle, le braquage du Louvre continue de faire des vagues à travers le monde. Lors de la faille de sécurité de dimanche, des voleurs ont dérobé des millions de bijoux liés à l'histoire de France et d'autres membres de la famille royale européenne. Ceux qui ont des liens avec les biens volés veulent des réponses.
Prince Dimitri de Yougoslavieexpert en gemmologie et membre de l'ancienne maison royale, a donné au crime une touche humaine, expliquant l'histoire de certains bijoux de famille volés. Comme il l'explique sur Instagram, sa marraine, la comtesse de Paris, possédait avec elle une collection de saphirs aujourd'hui disparus au Portugal lorsque, en 1974, éclata la révolution des œillets.
« Dieu merci, ce n'était pas aussi grave que prévu, mais elle a décidé de mettre les bijoux en sécurité à Paris », a écrit le prince Dmitri à côté des photos des saphirs. « Elle ne voulait pas les porter, alors elle les portait, y compris le diadème qu'elle cachait sous un énorme chapeau de fourrure. Alors qu'elle s'apprêtait à embarquer, on lui a dit de passer un détecteur de métaux ! 'J'ai failli avoir une crise cardiaque' », se souvient-il en disant. Heureusement pour la comtesse, décédée en 2003 à l'âge de 91 ans, le détecteur de métaux n'a pas détecté les millions de bijoux.
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Grâce à cela, en 1985, les comtes de Paris ont pu empocher cinq millions de francs en vendant au Louvre la parure en saphir qui côtoyait les diadèmes, les colliers et les boucles d'oreilles en diamants volés ce dimanche au célèbre musée.
« Pour moi, c'était bien plus que des bijoux volés. C'est notre histoire, mon histoire », a écrit Princesse Adélaïde d'Orléans, petite-fille de la comtesse de Paris susmentionnée, qui portait les bijoux de la reine Marie Amélie lors d'événements importants de la vie. « J'ai grandi avec cette image », a partagé la princesse sur Instagram à côté d'une photo de sa grand-mère portant les bijoux, « et aujourd'hui, ce vol me donne le sentiment d'avoir été déracinée ». Elle a conclu : « les bijoux ont une âme, une vie, une histoire, ce ne sont pas seulement des valeurs matérielles… c'est bien plus ! »
Au XIXe siècle, les bijoux avaient déjà survécu à la Révolution française de 1848, lorsque leur première propriétaire, Marie Amélie de Bourbon-Deux-Siciles, reine consort de France, les emmena avec elle dans son exil d'Angleterre. En 1864, celui qui était alors comte de Paris et petit-fils de la reine Marie-Amélie épousa Marie-Isabelle d'Orléans et les saphirs furent transmis au bijoutier de cette princesse, avec qui les bijoux réussirent à survivre à un exil ultérieur jusqu'à ce qu'ils entrent finalement entre les mains de la dernière femme à les porter. Avant de les vendre au Louvre, Isabelle, comtesse de Paris par alliance, les portait lors de nombreuses grandes occasions de la royauté européenne, comme le grand bal organisé à Athènes par Roi Juan Carlos et Reine Sofia à la veille de leur mariage.
Plus tard dans la journée, le directeur du musée abordera le vol du Louvre Laurence des Cars, qui s'adressera aux législateurs français au sujet du braquage et de l'enquête en cours.
Publié initialement dans Issues.fr España


