Un virologue allemand, spécialiste des coronavirus, met en garde contre « une deuxième vague plus puissante »

Christian Drosten dirige le service de virologie du grand hôpital public de la Charité à Berlin. Il conseille la chancelière allemande, Angela Merkel, dans la lutte contre l’épidémie de coronavirus. Ces derniers jours, le spécialiste des maladies infectieuses est inquiet à cause d’une possible seconde vague épidémique qui pourrait toucher l’Allemagne.

« Je regrette que ces derniers jours nous sommes sur le point de perdre complètement notre avance sur l’épidémie ». « Nous sommes l’un des rares pays au monde où le nombre d’infections diminue. Et dans cette liste, nous sommes le pays avec la plus grande population et les rapports les plus transparents. »

L’Allemagne fait office de modèle dans la lutte contre la pandémie de coronavirus. Contrairement à ses voisins européens, Berlin a rapidement mis en place un dépistage massif au sein de la population et un confinement qui a été efficace. Le taux de transmission initialement à 3 est passé en dessous de la barre des 0,8 , signe d’un ralentissement radical de la propagation du virus.

Le déconfinement trop rapide voulu par les autorités pour relancer l’économie du pays et la baisse de vigilance de la part de la population a provoqué une remonter de la valeur R (taux de transmission) à 0,9 ces derniers jours. 

Selon Christian Drosten, tout cela pourrait conduire à une deuxième vague de contamination, plus puissante et plus difficile à contenir que la première. Les mesures actuelles ne suffiraient alors plus à l’arrêter. 

« Nous avons ensuite des situations où des camions-citernes remplis de désinfectant circulent dans les rues pour nettoyer, car ce sont les seules mesures pour aller plus loin, dans une tentative désespérée de stopper l’épidémie », a déclaré Drosten.

Il existe un précédent historique de ce scénario : la grippe espagnole en 1918. Drosten explique que l’épidémie s’est produite localement au printemps 1918 et qu’elle a été très inégalement répartie au niveau géographique. En raison de mesures telles que les couvre-feux et l’arrivée de l’été, la maladie semblait avoir disparu jusqu’à ce qu’elle refasse surface en hiver, partout à la fois. On estime que la majorité des 50 millions de personnes mortes de la grippe espagnole ont succombé lors de cette deuxième vague.

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