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Le point sur le taux de décès du coronavirus en Russie et en France


Les taux de décès par rapport au nombre de cas confirmé sont très divergents entre les différents pays. Deux pays extrêmes : la France et la Russie.

Pourquoi ?

Le taux de décès par rapport au nombre de cas confirmés est nettement plus faible en Russie que dans la plupart des pays

En France, il est nettement plus élevé

Voici un petit point sur le taux de décès du coronavirus en Russie, notamment la question de savoir s’il y a là une anomalie, un taux de décès nettement plus bas qu’ailleurs dont il faudrait alors chercher l’explication – par exemple l’utilisation de tel ou tel traitement. En sens inverse, y a t il une raison spécifique au taux de décès apparemment beaucoup plus élevé en France qu’ailleurs ?

En y regardant de plus près, il semble bien qu’il n’y ait en fait pas d’anomalie dans les chiffres russes :

  1. Au 14 mai, la Russie avait détecté 252 245 cas et 2 305 morts du fait du covid-19. Je ferai l’hypothèse par la suite que le chiffre des morts est sincère, éventuellement entaché d’imprécisions comme dans tout autre pays bien sûr, mais rien de pire. Beaucoup de Russes sont assez loin d’en être convaincus, à voir les nombreux cas de « pneumonie extra-hospitalière » apparus comme par hasard à peu près au moment où la pandémie s’établissait dans le reste de l’Europe… mais sans qu’on parle à l’époque de « coronavirus », puisque la Russie avait réussi à l’arrêter à la frontière, enfin c’est ce qui se disait dans les médias dépendants du pouvoir notamment à la télévision, les autres exprimant quelques doutes. Retenons tout de même l’hypothèse que le chiffre des morts est sincère
  2. Le délai moyen entre apparition des symptômes et décès, pour ceux qui succombent au covid-19, est de dix jours. Rapportant le nombre total des morts au 14 mai au nombre total de contaminations détecté au 4 mai soit 145 268, il vient une approximation du taux de mortalité à environ 1,6%.
  3. Ce taux est d’une part à peu près en ligne avec les taux constatés dans les pays qui font beaucoup de tests comme la Corée du Sud avec 260 morts au 14 mai parmi 10 804 cas au 4 mai soit 2,4%, d’autre part très différent des taux constatés dans les pays qui font peu de tests comme la France avec 27 425 morts au 14 mai parmi 131 863 cas confirmés au 4 mai soit 20,8%.
  4. La question à se poser est donc de savoir si la Russie fait beaucoup de tests, ou si elle en fait peu. Comparons avec la France, qui le 11 mai avait réalisé 318 290 tests de présence du virus, tandis que la Russie le 14 mai en avait réalisé plus de 6,1 million. Soit une fréquence des tests rapportée à la population de 4,7 pour mille en France, 41,5 pour mille en Russie soit pratiquement dix fois plus… alors que la Russie est moins avancée dans son épidémie que la France dans la sienne !

===> Il n’y a donc pas d’anomalie en Russie de plus faible nombre de décès qu’attendu par rapport aux contaminations. Il y a tout simplement une image plus complète du nombre de contaminations dans le pays, du fait d’une politique de tests de dimension adaptée.

En France en sens inverse, la politique de tests est… différente. Pour ne pas dire : défaillante.

Pourquoi la politique de tests est-elle plus sérieuse en Russie qu’en France ?

Sans doute faut-il incriminer le fait que tandis que la Russie est un pays hautement développé avec un commerce extérieur diversifié et un système social développé, la France n’est que moyennement développée avec des îlots de richesse souvent tapageuse fondée sur l’exportations de matières premières surnageant dans un océan de pauvreté plus ou moins profond.

Vous dites ? C’est le contraire, en fait ?

Ça ne peut pas être en tout cas parce que la politique française de lutte contre le coronavirus serait mauvaise au point où même le gouvernement russe, pourtant généralement plus soucieux de se payer sur la bête que de travailler au bien-être de la population du pays, arriverait à faire mieux !

L’un de ces pays est hautement développé avec une économie diversifiée, l’autre modérément avec de fortes inégalités régionales…

Cette défaillance ne manque pas de poser des questions graves sur la capacité de la France de réagir à temps en cas de remontée du nombre des contaminations en sortie du confinement.

Rappelons que la multiplication des tests permet de tracer les cas contacts, leur isolation pour quarantaine rendant alors possible de casser les chaînes de contamination du virus. C’est ce qui a été réussi par les Sud-Coréens, d’où un nombre de morts limité à 260 dans une population de 52 millions – performance impressionnante s’il en est.

Le test en masse ne suffit pas, tout dépend de ce que l’on fait ensuite de l’information recueillie. Mais il semble bien être un élément indispensable à une politique de lutte contre la propagation du virus – comme l’OMS le répète et serine depuis un bon moment déjà… sans être écoutée de tous, notamment du gouvernement français.

Alexis Toulet
www.noeud-gordien.fr

* Issues.fr publie cet article proposé et écrit par Alexis Toulet du site Noeud Gordien *

Écrit par La Rédaction Issues

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