Il faut trouver un équilibre entre la précipitation et l’enlisement dans l’inertie médicale

Aller trop vite en médecine peut être désastreux. Le siècle précédent regorge d’exemples, depuis le scandale de la thalidomide – un médicament contre les nausées matinales qui n’avait jamais été testé sur des animaux en gestation – jusqu’à l’adoption de régimes faibles en gras, basés sur de rares preuves. Mais il y a aussi un danger à bouger trop lentement, et l’indice de masse corporelle (IMC) en est un bon exemple.
Nous savons depuis des décennies que cette mesure – un simple calcul basé sur le poids et la taille d'une personne – est un outil trop brutal, incapable de faire la distinction entre la graisse et les muscles ou de prendre en compte la diversité mondiale. Ses avantages sont qu'il est rapide, bon marché et simple, mais en l'utilisant depuis si longtemps, des millions de personnes ont été étiquetées à tort comme en surpoids, un diagnostic qui a des répercussions telles que le refus d'un traitement de fertilité et de certaines interventions chirurgicales.
Mais il existe de meilleures alternatives, et celles-ci commencent enfin à être utilisées. L'année dernière, La Lancette a contribué à catalyser ce changement attendu depuis longtemps en recommandant que l’IMC seul ne soit pas utilisé pour mesurer l’obésité, une suggestion qui a été rapidement reprise par 75 organisations médicales internationales.
Cela montre la voie à suivre pour sortir d’une inertie médicale plus large, qui ne provient pas seulement des garde-fous indispensables mis en place après les erreurs du XXe siècle, mais aussi du manque de preuves solides, de consensus clair et du leadership nécessaire pour provoquer le changement.
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Il suffit de se tourner vers les vaccins contre le Covid-19 pour constater qu’une action rapide, sûre et fondée sur des preuves est possible.
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Il suffit de regarder le triomphe des vaccins contre le Covid-19, qui ont été produits dans un délai auparavant impensable et ont sauvé environ 14 millions de vies au cours de leur première année d’utilisation, pour constater qu’une action rapide, sûre et fondée sur des preuves est possible.
Ce type d’action est nécessaire dans de nombreux domaines de la santé en difficulté. De meilleurs soins pour la ménopause, de nouveaux traitements psychiatriques, davantage d’options de contraception masculine et de nouveaux antibiotiques ne sont que quelques-uns d’entre eux.
Il est bon d’être prudent, mais le moment est venu d’agir vite sans casser les choses.

