Le contact entre Européens et Amérindiens est enregistré dans l’ADN des poux de tête. Crédit : Vincent Smith, Natural History Museum, Londres, CC-BY 4.0
Une étude génétique mondiale des poux suggère qu’ils sont arrivés deux fois dans le Nouveau Monde sur des hôtes humains.
Une nouvelle analyse de la diversité génétique des poux suggère que les poux sont arrivés en Amérique à deux reprises : une fois lors de la première vague de migration humaine à travers le détroit de Béring, et une seconde fois pendant la colonisation européenne. Marina Ascunce, actuellement au Service de recherche agricole du Département de l’agriculture des États-Unis (USDA-ARS), et ses collègues, rapportent ces résultats dans une nouvelle étude publiée le 8 novembre dans la revue en libre accès. PLOS UN.
Les poux comme indicateurs de l’évolution humaine
Le pou humain est un parasite suceur de sang sans ailes qui vit toute sa vie sur son hôte. C’est l’un des plus anciens parasites connus à vivre sur les humains, et les deux espèces ont coévolué pendant des millénaires. En raison de cette relation intime, l’étude des poux peut également fournir des indices sur l’évolution des humains. Dans la nouvelle étude, les chercheurs ont analysé la variation génétique de 274 poux humains provenant de 25 sites géographiques à travers le monde.
Les clusters génétiques révèlent des modèles de migration
Une analyse génétique basée sur le pou ADN a révélé l’existence de deux groupes distincts de poux qui se croisaient rarement. Le cluster I avait une répartition mondiale, tandis que le cluster II se trouvait en Europe et dans les Amériques. Les seuls poux issus des deux groupes se trouvent dans les Amériques. Ce groupe distinct semble être le résultat d’un mélange entre les poux issus des populations arrivées avec les Premiers Peuples et ceux issus des poux européens, importés lors de la colonisation des Amériques.
Lien entre les poux d’Asie et d’Amérique centrale
Les chercheurs ont également identifié une relation génétique entre les poux en Asie et en Amérique centrale. Cela conforte l’idée selon laquelle les peuples d’Asie de l’Est ont émigré vers l’Amérique du Nord et sont devenus les premiers Amérindiens. Ces personnes se sont ensuite répandues vers le sud, en Amérique centrale, où les populations modernes de poux conservent encore aujourd’hui une signature génétique de leurs lointains ancêtres asiatiques.
Recherches futures et conclusions
Les modèles observés dans la nouvelle étude soutiennent les idées existantes sur la migration humaine et fournissent des connaissances supplémentaires sur la façon dont les poux ont évolué. Les chercheurs soulignent avoir sélectionné des marqueurs génétiques évoluant rapidement et les mieux adaptés aux événements récents. Ainsi, de futures études utilisant des marqueurs ayant évolué plus lentement pourraient faire la lumière sur des événements plus anciens. De plus, les méthodes développées pour ce travail pourraient guider le développement de nouvelles analyses pour étudier d’autres systèmes hôte-parasite.
Les auteurs ajoutent : « Les poux humains sont plus que des parasites humains ennuyeux, ils sont des « satellites » de notre évolution. Parce que les poux humains se nourrissent de sang humain, ils ont besoin de nous pour survivre, et cela a abouti, sur des millions d’années, à une longue histoire co-évolutive.


