Imaginez que vous marchez le long d'une plage, que vous parlez à votre ami et que vous profitez du soleil. Le temps passe et il est temps de rentrer. Mais en approchant du promontoire que vous aviez contourné précédemment, vous réalisez que ce n'est plus possible : la marée est montée et il n'y a plus de chemin pour le contourner. Vous êtes coincé dans une baie et la marée continue de submerger la plage.
L’expérience effrayante, et parfois mortelle, d’être coupé par la marée n’est pas aussi rare qu’on pourrait le penser. Notre enquête a révélé que des millions de personnes, soit 15 % de la population britannique, ont été isolées par la marée (ou presque) au moins une fois.
Il existe souvent une solution assez simple, comme gravir une colline ou se mouiller les pieds. Mais parfois, il n’y a pas d’issue facile, et le danger augmente rapidement à mesure que le niveau de l’eau monte rapidement.
C'est alors qu'il est essentiel d'appeler à l'aide. Depuis 2020, les coupures de marée dans les îles britanniques ont permis le sauvetage d'environ 3 600 canots de sauvetage et sauveteurs de la Royal National Lifeboat Institution (RNLI), avec quelque 35 500 personnes assistées.
Cette fréquence élevée des coupures de marée nous indique que le danger n'est pas dû à un malheur exceptionnel ou, comme certains pourraient le penser, à la propre bêtise des gens. C'est beaucoup trop courant pour cela. Notre enquête montre qu’il existe des raisons systématiques – en particulier des idées fausses sur le fonctionnement de la marée – qui conduisent régulièrement les gens à se retrouver en difficulté.
La marée est principalement entraînée par l’attraction gravitationnelle de la lune et du soleil. Mais comme leurs positions par rapport à la Terre changent constamment et que la géographie côtière varie, les mouvements des marées sont plus complexes que la plupart des gens ne le pensent.
L’attraction gravitationnelle de la Lune est la plus forte pendant les pleines et les nouvelles lunes. Cela conduit à des marées plus importantes toutes les deux semaines, appelées marées de vive-eau. Le soleil a un effet plus fort lorsqu'il est le plus proche de l'équateur, de sorte que les changements de marée à proximité des équinoxes de printemps et d'automne sont plus importants.
Le moment et la hauteur des marées varient donc considérablement dans le temps et dans l’espace. Lorsque les vacances scolaires coïncident avec de grandes grandes marées, les risques d'incidents augmentent.
Alphabétisation des marées
Pour éviter d'être coupé par la marée, soyez conscient de ce que fait l'eau, même si vous n'avez pas l'intention d'aller nager. Dans notre étude, 60 % des personnes isolées n’avaient jamais l’intention d’entrer dans l’eau. Ils se livraient simplement à des activités sur le rivage, comme la marche, le rockpooling, la promenade des chiens et la pêche.
Quatre personnes sur dix ayant participé à notre enquête ne savaient pas que les marées arrivent deux fois par jour, qu'elles varient en termes d'heure chaque jour et qu'elles diffèrent en hauteur à travers le pays. Ainsi, même si vous avez vu et compris les effets du mouvement des marées à un endroit donné, vous ne saurez pas automatiquement comment cela fonctionne ailleurs et à un autre moment.
Malgré cette variation, les marées peuvent être prédites avec précision et les tables des marées sont accessibles au public en ligne et montrent les mouvements des marées à différents endroits. Chaque fois que vous visitez la côte, choisissez un site Web auquel vous faites confiance et que vous comprenez, et déterminez ce que fera la marée à quel moment.
Cette habitude utile nécessite une certaine pratique. Plus d'un quart des répondants à notre enquête ont eu des difficultés avec la lecture de base des tables des marées, et seulement un quart ont pu extraire des informations plus complexes, comme par exemple quand revenir en toute sécurité après une promenade sur une île coupée des terres à marée haute.
Beaucoup de gens surestiment leurs capacités. Alors, ne vous fiez pas uniquement à vos propres connaissances : si vous visitez un endroit pour la première fois, interrogez les habitants, les garde-côtes ou la RNLI sur les dangers spécifiques.
Dans certains endroits, comme le sable ou les vasières, la marée peut monter plus vite que vous ne pouvez courir, surtout si elle arrive derrière vous, vous coupant ainsi de la rive sûre. Le mot « plat » est très trompeur, car ces zones sont généralement parsemées de canaux et de ruisseaux trompeurs.
Notre enquête a révélé que de nombreuses personnes croient que la marée monte lentement, régulièrement et directement vers le rivage, ce qui peut facilement entraîner des situations dangereuses. En réalité, l’eau utilise la surface inégale pour avancer dans différentes directions et peut couper de manière inattendue et très rapide les bancs de sable par derrière.
Lorsque vous contournez des promontoires, traversez une chaussée ou dirigez-vous vers des étendues de sable, assurez-vous toujours qu'il existe une issue de secours si la marée se comporte de manière inattendue. Restez vigilant : être distrait conduit souvent à être coupé, selon les participants à notre enquête.
Des efforts sont en cours pour restaurer la relation de la société avec la mer, notamment via le programme mondial d'éducation à l'océan. Le Pays de Galles est le premier pays à inclure « l'accès sécurisé » dans sa stratégie nationale de connaissance des océans. Espérons que d’autres pays suivront cet exemple.
En soulignant pour la première fois l’ampleur des idées fausses autour des marées, les résultats de notre enquête suggèrent que la connaissance des océans devrait inclure la compréhension des marées. Cela permettra un accès sûr et agréable aux côtes, favorisant des relations et des comportements positifs qui soutiennent la santé de la planète.


