Vue de l’intérieur de l’entrée de la grotte des Marmoles. De nouvelles recherches menées par l’Université de Berne et l’Université de Cordoue révèlent que les grottes historiques de la péninsule ibérique étaient des lieux de sépulture où les restes humains étaient intentionnellement modifiés à des fins pratiques et éventuellement symboliques. Crédit : JC Vera Rodríguez, CC-BY 4.0
Les découvertes s’ajoutent à un modèle d’enterrement et de modification humaine dans la péninsule ibérique.
Les grottes ont servi de sites d’inhumation et de modification ultérieure de restes humains pendant des milliers d’années dans la péninsule ibérique, selon une étude publiée le 20 septembre 2023 dans la revue en libre accès. PLOS UN par Zita Laffranchi et Marco Milella du Université de BerneSuisse, et Rafael Martinez Sanchez, Universidad de Córdoba, Espagne, et collègues.
Pratiques funéraires et altérations osseuses
L’utilisation de grottes comme lieux de sépulture est un phénomène culturel largement répandu dans l’espace et dans le temps. Dans le sud de la péninsule ibérique, cette pratique est devenue particulièrement courante à partir du IVe millénaire avant notre ère. Les sites archéologiques de cette région présentent également des preuves de manipulation de restes humains enterrés, bien que la signification culturelle derrière cela soit largement floue. Dans cette étude, les chercheurs examinent des restes humains altérés provenant d’une grotte, Cueva de los Marmoles, dans le sud de l’Espagne.
Os humain en surface, à l’intérieur de la grotte. Crédit : JC Vera Rodríguez, CC-BY 4.0
Les chercheurs ont évalué de nombreux restes squelettiques appartenant à au moins 12 individus. La datation au radiocarbone a identifié des sépultures datant du 5e au 2e millénaire avant notre ère. L’équipe a également documenté des modifications post-mortem intentionnelles des os, notamment des fractures et des éraflures qui auraient pu résulter des efforts d’extraction de la moelle et d’autres tissus. Parmi ces restes se trouvaient un tibia qui semble avoir été modifié pour être utilisé comme outil, et une « coupe crânienne » crânienne qui aurait pu être modifiée de la même manière pour un usage diététique ou pratique.
Interprétations et perspectives futures
Ces résultats sont cohérents avec ceux d’autres sites de grottes du sud de la péninsule ibérique, représentant une pratique répandue selon laquelle des restes humains enterrés sont ensuite modifiés et utilisés comme nourriture et comme outils. Les auteurs suggèrent que ces modifications pourraient également avoir d’autres objectifs symboliques qui pourraient devenir plus clairs au fil d’une étude plus approfondie.
Les auteurs ajoutent : « Les restes humains néolithiques de la grotte des Marmoles suggèrent des comportements funéraires complexes en Andalousie pendant la Préhistoire. »
Pour en savoir plus sur cette recherche, voir Les modifications osseuses néolithiques indiquent l’utilisation rituelle des restes humains.
Financement : RMMS et JACS ont reçu le soutien financier de la Consejería de Universidad, Investigación e Innovación de la Junta de Andalucía en el marco del Programa Operativo FEDER Andalucía 2014-2020. Numéro de subvention : A-HUM-460-UGR18. Titre du projet : Arqueobiología del Neolítico del Sur de la Península Ibérica – NeArqBioSI. Les bailleurs de fonds n’ont joué aucun rôle dans la conception de l’étude, la collecte et l’analyse des données, la décision de publication ou la préparation du manuscrit. JACS a reçu le soutien financier de la Consejería de Universidad, Investigación e Innovación de la Junta de Andalucía. Numéro de subvention : Proy_Exc00002. Titre du projet : Dinámicas de continuidad y transformación entre el Neolítico y el Calcolítico en el Alto Guadalquivir (DINAGUA). Les bailleurs de fonds n’ont joué aucun rôle dans la conception de l’étude, la collecte et l’analyse des données, la décision de publication ou la préparation du manuscrit.


