Points chauds de diversité, centres d’endémisme phylogénétique et lacunes en matière de conservation des plantes vasculaires malgaches. Crédit : IBCAS
La recherche sur les plantes vasculaires de Madagascar révèle des priorités cruciales en matière de conservation, identifiant les zones de forte diversité endémique et phylogénétique et identifiant d’importantes lacunes en matière de conservation dans les régions arides et semi-arides de l’île.
Malgré l’importance de la biodiversité et l’urgence de la conserver, déterminer quel aspect de la biodiversité requiert la plus haute priorité s’est révélé complexe, en particulier lorsque les ressources de conservation sont limitées. Une nouvelle étude publiée dans Biologie actuelle éclaire cette question.
Recherche sur la biodiversité unique de Madagascar
L’équipe du professeur Zhiduan Chen de l’Institut de botanique de l’Académie chinoise des sciences (IBCAS) et des collaborateurs internationaux ont identifié l’hétérogénéité spatiale des points chauds de la biodiversité et des centres d’endémisme. Forts de ces informations, ils ont identifié la priorité de conservation des plantes vasculaires à Madagascar.
La diversité endémique de Madagascar
Madagascar est la quatrième plus grande île du monde et l’un des points chauds de la biodiversité mondiale les plus importants. Il est bien connu pour son haut niveau de diversité endémique, largement attribué à son histoire géologique complexe, à sa situation géographique et à ses liens biogéographiques avec l’Afrique, l’Inde, l’Asie du Sud-Est et le nord de l’Australie.
Etude approfondie sur les plantes vasculaires malgaches
Les chercheurs ont généré un nouvel arbre de vie daté pour l’île, comprenant un échantillonnage sans précédent de 3 950 espèces (33% de toutes les espèces connues) et 1 621 genres (93% de tous les genres connus) de plantes vasculaires malgaches. Ils ont constaté que la plupart des genres endémiques existants (69 %) à Madagascar sont apparus relativement récemment, au cours du Néogène-Quaternaire.
Répartition et conservation de la biodiversité à Madagascar
En intégrant les données de répartition phylogénétique et géographique, les chercheurs ont révélé une répartition inégale de la richesse taxonomique et de la diversité phylogénétique, avec des points chauds concentrés dans les forêts humides du nord, de l’est et du sud-est.
Ils ont également évalué les centres endémiques, qui présentent à la fois un endémisme taxonomique et un endémisme phylogénétique. Les analyses ont systématiquement soutenu une forte concentration de paléoendémisme dans la région humide de l’est et du centre, tandis que le néoendémisme a été trouvé dans les forêts sèches et épineuses de l’ouest et du sud de Madagascar.
Identifier les lacunes en matière de conservation
Enfin, les chercheurs ont identifié les lacunes en matière de conservation dans les régions arides et semi-arides, souvent ignorées, en superposant les points chauds de la biodiversité et les centres d’endémisme aux zones protégées. Ces lacunes en matière de conservation fournissent des preuves supplémentaires pour soutenir la conservation de la biodiversité à Madagascar face au changement climatique et aux pressions anthropiques accrues.
Ce travail a été soutenu par la Fondation nationale des sciences naturelles de Chine, le programme de partenariat international du CAS et le Centre de recherche commun sino-africain du CAS, etc.


