En utilisant le concept de régime complexe, un chercheur apporte un nouvel éclairage sur le cadre institutionnel et juridique plus large qui influence la gouvernance de l’aide alimentaire internationale, montrant que différents régimes participent à sa formation.
La faim dans le monde augmente à un rythme alarmant, avec des conflits prolongés, le changement climatique et COVID 19 exacerbant le problème. En 2022, le Programme alimentaire mondial a aidé un nombre record de 158 millions de personnes. Sur cette trajectoire, l’objectif des Nations Unies d’éradiquer la faim d’ici 2030 semble de plus en plus inaccessible. Une nouvelle recherche à l’Université McGill met en lumière une pièce importante du casse-tête : l’aide alimentaire internationale.
En l’absence de traité mondial, l’aide alimentaire est guidée par une mosaïque d’accords et d’institutions internationales. Utilisant le concept de « complexe de régime », une étude publiée dans Revue de droit et politique du commerce international examine ces règles et les systèmes qui les façonnent. Plutôt que de créer une nouvelle entité pour résoudre le problème, les résultats suggèrent un changement de paradigme dans les systèmes existants. Il est essentiel de repenser le discours dominant parmi les institutions pour parvenir à l’objectif Faim zéro, affirme l’auteure Clarisse Delaville, étudiante en deuxième année de doctorat à la Faculté de droit de McGill.
Plaidoyer pour une approche fondée sur les droits de l’homme
« Il existe deux régimes principaux qui régissent l’aide alimentaire mondiale : le régime commercial et le régime de sécurité alimentaire. J’encourage un engagement plus fort de la part des deux régimes à mettre en œuvre une approche fondée sur les droits de l’homme, afin de remettre en question le discours dominant sur les régimes de commerce alimentaire, qui présente l’aide alimentaire comme une distorsion des échanges qui devrait être minimisée », déclare Delaville.
La recherche offre une nouvelle perspective sur la gouvernance de l’aide alimentaire internationale en utilisant le concept de « régime complexe » pour naviguer dans le réseau complexe de lois et d’institutions impliquées. En révélant comment différents régimes contribuent à l’évolution de l’aide alimentaire, la recherche souligne la nécessité d’une une approche holistique qui comble les écarts entre les cadres existants. Les informations fournies enrichissent non seulement le dialogue universitaire, mais servent également de guide aux décideurs politiques et aux parties prenantes qui s’efforcent d’améliorer l’efficacité et l’équité des efforts d’aide alimentaire internationale.


