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Le journaliste Rémy Buisine pris pour cible à trois reprises : veut-on museler la presse ?

Le journaliste Rémy Buisine a été agressé à trois reprises par la police alors qu’il couvrait une manifestation de réfugiés Place de la République à Paris, pour le média Brut.

En pleine polémique autour de la loi de Sécurité Globale qui empêchera la diffusion des images de violences policières sur les réseaux sociaux, les forces de l’ordre ont illustré à merveille l’importance de ne pas céder face à une tentative de régression de nos droits et libertés.

Les images diffusées hier de Rémy Buisine, frappé au sol par un policier, menacé par un autre, sont démonstratives de la difficulté qu’ont désormais les journalistes français à exercer leur fonction principale : informer les citoyens.

Ironie de l’histoire, ces agressions sont intervenues au moment où une délégation d’acteurs associatifs, de journalistes et de syndicats étaient reçus par le Ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin au sujet de la loi de Sécurité Globale. Une rencontre qui n’a rien donné et qui apparait encore comme un énième coup de com’ du gouvernement avant le vote cet après midi à l’Assemblée Nationale.

Les reporters doivent-ils être dans “le même camp” que le Préfet Lallement pour pouvoir exercer leur travail librement ? Gérald Darmanin était-il allé trop loin ? Même l’Union Européenne, qui a longtemps présenté Emmanuel Macron comme un président libéral modèle, le met désormais en garde face aux dérives autoritaires. Les images de réfugiés délogés violemment Place de la République ne devraient pas aider les affaires du gouvernement.

La France, anciennement terre d’asile, s’est transformée en un pays où l’on détruit les camps de réfugiés sans proposer de solution alternative, un pays où ces derniers sont traqués la nuit pour les empêcher de dormir alors même que les températures approchent 0°C degré.

La vidéo vue 1,4 million de fois en seulement quelques heures a obligé Gérald Darmanin à réagir publiquement et à reconnaître indirectement l’importance des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux. “Un rapport circonstancié” sera demandé au Préfet de police, Didier Lallement, le chef de la police de Paris, maintenu par l’exécutif malgré les nombreuses critiques quant à sa gestion répressive des manifestations.

Rémy Buisine a été agressé trois fois dans la même soirée alors qu’il était identifiable comme journaliste. La seule question qu’il faut désormais se poser est la suivante : veut-on faire taire les journalistes ? En pleine crise sanitaire, économique et démocratique, est-il souhaitable que l’un des derniers contre-pouvoirs à la LREM soit muselé ?

Le Ministre de l’Intérieur ne s’en cache pas. Il a déjà expliqué qu’il souhaitait que les journalistes se “rapprochent de la Préfecture” pour obtenir une accréditation avant de couvrir une manifestation. Un non catégorique de nombreux journalistes lui a été opposé. Mais qu’en sera-t-il demain ?

Les crises sont souvent l’occasion pour les régimes autoritaires d’assoir leur pouvoir face aux populations. Les attentats terroristes de 2015 ont permis l’instauration de l’Etat d’urgence et en 2017, ces lois d’exception sont presque toutes intégrées dans le droit commun devenant ainsi la règle.

En 2020, la pandémie de coronavirus et la crise économique mondiale pourraient bien être l’occasion pour un parti “qui ne tient que grâce à la violence de sa police” d’enclencher une nouvelle étape dans la destruction des acquis sociaux, des libertés individuelles tout comme la liberté de la presse et le droit des minorités.

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