in

L’OMS recommande de ne pas utiliser le Remdesivir de Gilead, l’Union Européenne en a commandé 500 000 doses

Crédit : copie écran Youtube TV5Monde

L’Organisation mondiale de la santé a recommandé de ne pas utiliser le remdesivir de Gilead pour traiter les patients hospitalisés souffrant de Covid-19.

“Il n’y a actuellement aucune preuve que ce médicament améliore la survie ou le besoin de ventilation”, a déclaré un groupe d’experts réunis par l’OMS pour élaborer des directives de traitement de Covid-19 dans la revue médicale The BMJ.

La recommandation est un coup dur pour le médicament de Gilead, qui a longtemps été présenté comme un traitement efficace pour les patients atteints du coronavirus après qu’une étude a montré qu’il réduisait leur temps de récupération.

Les experts ont fait cette recommandation après que les résultats d’un essai mondial parrainé par l’OMS, appelé Solidarity, ont montré le mois dernier que le remdesivir ne réduisait pas le nombre de décès. Ils ont également examiné les données de trois autres essais et ont déclaré que le médicament “n’a pas d’effet significatif” sur le temps qu’il fallait aux patients pour que leur état clinique s’améliore.

Gilead a remis en question les résultats de l’essai de l’OMS et a déclaré que l’agence n’avait toujours pas publié de données clés permettant à la société ou à d’autres d’évaluer la fiabilité des résultats intermédiaires.

“Nous sommes déçus que les directives de l’OMS semblent ignorer cette preuve à un moment où les cas augmentent de façon spectaculaire dans le monde et où les médecins se fient au Veklury comme premier et seul traitement antiviral approuvé pour les patients atteints de Covid-19 dans environ 50 pays”, selon la déclaration.

Coût élevé du traitement

Les Etats-Unis, le Japon ou encore l’Union Européenne ont acheté des stocks importants du remdesivir de Gilead sur la base de l’essai clinique mené Outre-Atlantique.

Fin octobre, le journal Le Figaro indiquait que laboratoire pharmaceutique Gilead avait déjà gagné 900 millions de dollars grâce au remdesivir. Le groupe a vu son chiffre d’affaires trimestriel augmenter au total de 17%, s’élevant à 6,58 milliards de dollars.

Le traitement au Remdesivir est facturé jusqu’à 3 100 $ aux États-Unis. Dans les autres pays développés comme la France, une semaine de traitement coûtera 2 340 dollars. 

Les preuves limitées de l’utilisation de ce médicament ont été mises en balance avec les “coûts relativement élevés et les implications en termes de ressources associés au remdesivir”, qui est administré par voie intraveineuse, ont déclaré les experts de l’OMS dans un communiqué de presse.

Une députée demande l’annulation du contrat avec Gilead

La députée Europe Ecologie Les Verts Michele Rivasi a demandé l’annulation du marché passé par la commission européenne avec Gilead qui porte sur 500 000 doses de Remdesivir et estimé à environ 1,2 milliard de dollars. Un contrat signé alors que l’étude “Solidarity”, organisée par l’OMS, avait déjà montré l’inefficacité du traitement.

“Je demande à la commission européenne comment se fait-il que quand l’OMS a interpellé Gilead , le 23 septembre, pour leur dire que leur médicament ne marchait pas. Pourquoi la commission européenne a commandé autant de doses ?”, s’indigne la députée sur Sud Radio.

“Commander autant de médicaments sachant qu’il n’y a pas de valeur ajoutée et qu’en plus il peut y avoir des effets secondaires, je ne vois pas l’intérêt. Je lutte vis-à-vis de ce Covid sur la transparence au niveau de la Commission Européenne”, ajoute Michele Rivasi.

“On n’a pas le détail, c’est de l’argent public, c’est l’argent des citoyens européens !”, s’exclame la députée européenne.

A noter que l’UE avait aussi signé en juillet un autre contrat qui portait sur plus de 70 000 doses du remdesivir.

Les observateurs critiquent depuis le début de la crise sanitaire la multiplication des effets d’annonce sur des traitements ou vaccins miracles pour lutter contre le Covid-19. Ces déclarations ont souvent comme seul intérêt l’emballement des bourses mondiales.

Récemment, le PDG de Pfizer, Albert Bourla, a vendu pour 5,6 millions de dollars d’actions du laboratoire américain, le jour de l’annonce par le groupe de bons résultats préliminaires sur l’efficacité d’un vaccin contre le Covid-19. Une énième stratégie boursière qui ne fait qu’aggraver la défiance des populations vis-à-vis des laboratoires pharmaceutiques.

    Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

    Apple, accusé de ralentir délibérément les anciens iPhone, accepte de payer 113 millions de dollars

    Bientôt des drones de surveillance dans les rues de Beaune ?