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Radar anti-voiture ancienne : encore une écologie punitive contre les classes populaires


Les véhicules anciens, jugés trop polluants, vont bientôt être flashés à l’entrée des Zones à faibles émissions (ZFE). La Ministre de la Transition Ecologique a annoncé que davantage d’agglomérations allaient être concernées par la mise en place de ce nouveau radar.

Encore des amendes pour les plus pauvres. Les véhicules anciens vont désormais être traqués sur les routes menant aux grandes agglomérations. En 2015, Ségolène Royal a annoncé la mise en place du dispositif Crit’air qui sanctionne les automobilistes n’ayant pas les moyens de changer leur véhicule trop anciens donc trop polluants. Ces derniers ne peuvent plus se rendre à Paris, Grenoble et Lyon sauf en transport en commun. Ils encourent une amende de 68 euros depuis 2016.

La technologie pour traquer les pauvres

Avec la technologie des radars, la police n’aura plus à contrôler les véhicules puisque des radars automatiques le feront à leur place.

« La voiture qui ne doit pas entrer dans la zone à faible émission sera flashée un peu comme avec un radar de contrôle de vitesse et elle recevra une amende » a expliqué Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, au micro de BFM-TV et RMC, vendredi 25 septembre.

L’exécutif n’a pas détaillé le fonctionnement de ces radars qui seront placés sur l’autoroute en amont des villes concernées. On ne sait pas si les plaques d’immatriculation seront analysées par les caméras du radar ou s’ils repèreront les certifiants Crit’Air sur les parebrises.

Aucun problème pour les SUV

La vignette Crit’Air classe les voitures et deux-roues en fonction de leur âge et de leur type d’énergie (thermique, hybride, électrique…). Grâce à cette vignette accrochée au parebrise, les collectivités peuvent ainsi décider si vous avez accès à la ville avec votre véhicule. La police peut vous sanctionner d’une amende de 68 euros si vous ne respectez pas les discriminations entre véhicules.

Ironie de l’histoire, une AX 1.0i des années 90 ne pourra pas circuler sur les routes de Paris tandis qu’un bon SUV récent qui fait exploser la pollution mondiale et met en danger l’ environnement pourra continuer de rouler sans problème.

A noter que selon certaines statistiques datant de fin 2019, au rythme actuel, un véhicule neuf sur deux sera un SUV d’ici 2022. Une catastrophe pour le climat et le besoin en pétrole puisque ces véhicules consomment plus et émettent plus de dioxyde de carbone.

Davantage de villes concernées

Et comme les bonnes nouvelles n’arrivent jamais seules, Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, et Jean-Baptiste Dhebbari, ministre délégué chargé des Transports, ont annoncé la publication d’un décret confirmant la création d’une dizaine de zones à faibles émissions mobilité (ZFE-m) dès 2021.

Après Lyon, Paris et Grenoble, ce sont Marseille, Nice, Toulon, Toulouse, Montpellier, Strasbourg et Rouen qui seront touchées par des mesures dites « anti-pollution ».

Taxe carbone et vignette crit’Air même combat

Face à Jean-Jacques Bourdin, la ministre s’est défendue de toute discrimination sociale en annonçant la mise en place d’aides pour changer de véhicule. Une façon de botter en touche face aux critiques contre une nouvelle « taxe carbone » écartant les plus pauvres des grandes métropoles.

Gilets jaunes et militants écologistes plaident pourtant pour un combat commun contre les inégalités sociales et les émissions de carbone. Le récent rapport d’Oxfam révèle que les 1% les plus riches du monde émettent deux fois plus de CO2 que la moitié la plus pauvre de l’humanité. Rien que dans l’Union Européenne, les travaux de scientifiques de l’Université de Leeds ont montré que les 1% des plus gros pollueurs ont une empreinte carbone 22 fois supérieure à la limite de 2,5 tonnes visant à respecter l’Accord de Paris.

En interdisant les véhicules les plus anciens (sauf les voitures possédant une carte grise « voiture de collection »), le Ministère de la Transition Ecologique s’en prend à nouveau aux foyers précaires qui ne prennent que très rarement l’avion et utilisent leur voiture seulement pour travailler. Les plus riches pourront continuer de rouler en SUV, très polluant et très consommateur de pétrole, et ne seront pas affectés par cette nouvelle mesure.

L’écologie bobo pour le « bien être » des plus riches dans les centres-villes des grandes métropoles continuera d’être rejetée par les français tant que la question sociale ne sera pas prise en compte. La citation “L’écologie sans lutte des classes, c’est du jardinage”, attribuée au désormais défunt syndicaliste brésilien Chico Mendes, actif dans les années 1970, garde encore tout son sens aujourd’hui.

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Écrit par La Rédaction Issues

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