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Darmanin veut forcer les journalistes à se “rapprocher de la Préfecture” avant de couvrir une manifestation

Gérald Darmanin a déclaré que, désormais, les journalistes devront se rapprocher de la préfecture avant de couvrir un évènement sur la voie publique. Une première qui met en colère toute une profession qui a vu son travail sur le terrain se compliquer ces dernières années.

Mardi 17 Novembre, des milliers de personnes se sont rassemblées devant l’Assemblée Nationale pour dénoncer le projet de loi de “sécurité globale”, proposé par la République en Marche . Un loi qui empêchera notamment la diffusion sur les réseaux sociaux d’images de policiers en mission.

Lors de cet évènement, au moins cinq journalistes ont déclaré avoir été frappés par des policiers. La jeune reportrice, Hannah Nelson, a été violentée et interpellée par les forces de l’ordre. Elle a passé la nuit en garde à vue et a été libérée en début d’après-midi ce mercredi.

Tout au long de la journée, le hashtag #HANNAHNELSON était visible sur Twitter. Un rassemblement était même prévu à 15 heures devant le commissariat du 10ème arrondissement.

Face aux critiques, Gérald Darmanin a réagi en indiquant que désormais, les journalistes devront se rapprocher de la Préfecture avant de couvrir une manifestation. Une première en France qui a fait bondir de nombreux journalistes sur les réseaux sociaux qui ont indiqué qu’ils ne respecteront pas cette nouvelle attaque contre leur profession.

“Le ministre explique tranquillement que maintenant les journalistes qui veulent travailler sur la voie publique doivent être accrédités par les autorités préfectorales ce qui est en contradiction totale avec les lois et la constitution de la République Française.

Et pourquoi pas des journalistes bientôt encadrés par des policiers qui suivraient chacun d’entre eux lors de leur travail ?”, pouvait-on lire sur le compte officiel de Line Press, une agence de presse qui emploie Clément Lanot, cité par le ministre de l’Intérieur

Sur Twitter, ces nouvelles mesures du Ministère de l’Intérieur ne passent pas comme le prouvent ces nombreux tweets de journalistes.

Charles Villa est grand reporter chez le média Brut.

“Terrible, pervers, une manipulation, qui sert à diviser les journalistes: Celles et ceux qui obéissent au pouvoir et celles et ceux qui utilisent leurs droits!”, peut-on lire sur le Twitter de Ricardo Parreira, journaliste indépendant.

“Darmanin déraille sévère, là… un journaliste n’a pas à se rapprocher de la préfecture pour bénéficier de la liberté de la presse : c’est un droit, pas quelque chose qu’on obtient”, écrit de son côté le journaliste Thomas Vampouille.

Jean-Pierre Denis est directeur de la rédaction de l’hebdomadaire La Vie, Laure Daussy est journaliste à Charlie Hebdo.

Derrière cette nouvelle mesure, il s’agit de faire le tri parmi les journalistes pour améliorer l’image de la police et permettre aux forces de l’ordre de garder la main sur la thèse officielle lorsqu’elles sont confrontées à des plaintes. Sans image, il est impossible d’obtenir gain de cause face au témoignage de plusieurs policiers.

Alors que les citoyens sont de plus en plus nombreux à souhaiter une reprise en main de la Police Nationale, accusée de dérives répétées, le Ministère de l’Intérieur a décidé de répondre positivement à toutes les doléances des syndicats de Police. Incroyable mais vrai, Gérald Darmanin est déjà en train de faire regretter aux militants des droits de l’Homme l’ancien patron de la Place Beauvau, Christophe Castaner.

LIRE AUSSI : Gérald Darmanin annonce l’interdiction prochaine de diffuser les violences policières sur les réseaux sociaux

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